Le problème Kurde : historique contemporain


Après la fin de la première guerre mondiale en 1920, le Traité de Sèvres prévoit la constitution d'un état kurde indépendant, mais celui-ci est rendu caduc trois ans plus tard par le Traité de Lausanne. Les puissances alliées accordent l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel état turc, le reste étant réparti entre l'Iran, l'Irak et la Syrie. Dès 1924, la Turquie promulgue une loi qui interdit toutes les écoles, associations et publications kurdes. L'existence du peuple kurde est niée et sa langue interdite. Des centaines de milliers de Kurdes sont déportés et massacrés.

En Irak, Saddam Hussein prend le pouvoir à Bagdad en 1979 par un coup d’État. Il bénéficie de l’appui de l’Occident (notamment celui des États-Unis et de la France)  qui y voit le moyen de lutter contre le communisme. Les Kurdes n'ont pas été épargnés : on estimait, à l’époque, qu’ils étaient manipulés par l’Union soviétique. En réaction, les Kurdes irakiens se rapprochent du pouvoir iranien, et les Kurdes iraniens opprimés par le Shah se tournent vers Bagdad !

La révolution islamique triomphe à Téhéran et quand la guerre éclate avec l’Iran de Khomeyni,  l'Occident considère le régime de Bagdad comme l'avant-garde du monde libre dans la région et le laisse exterminer ses opposants kurdes, notamment par l'utilisation d'armes chimiques. Fort du soutien occidental, Saddam envahit le Koweït pour s’approprier son pétrole. Mais, cette fois, il menace les intérêts économiques américains et on mobilise contre lui les forces militaires occidentales en commençant par matraquer les populations civiles, puis l'armée irakienne. Cependant, Saddam reste en place comme contrepoids à l’Iran et comme barrière anticommuniste. Depuis, l'Irak est soumis à un embargo économique qui accule la population à la misère et fait des milliers de victimes.

Pour protéger les Kurdes, on leur attribue une zone de protection dans le nord de l'Irak, à l'intérieur de laquelle ils pourraient vivre en toute autonomie, mais sans pour autant leur donner les moyens de fonder un état, la Turquie y étant formellement opposé par crainte de faire des émules dans sa propre population. Or, les États-Unis, qui garantissent militairement la région autonome du nord de l'Irak, soutiennent le gouvernement d'Ankara dans sa politique de répression des Kurdes de Turquie. Celle-ci fait régulièrement des incursions militaires au Nord Irak, sous prétexte de liquider ce qui reste des bases du PKK qui se sont repliées dans cette région depuis le cessez-le-feu unilatéral décrété par leur chef, Abdullah Öcalan, en septembre 1999 (celui-ci est actuellement condamné à la peine capitale et emprisonné sur l'île d'Imrali).

Roxane - mai 2001


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