Le PKK, Les Kurdes et Öcalan

 

La naissance et l'ascension de la lutte armée (1984-1993)

 


La naissance de
la lutte armée

 
Le 3e congrès du PKK et l'instauration de la guérilla
 
Les contre-mesures
des autorités

 
"Serhildan" :
l'intifada kurde

 
Les partis politiques L'essor de la presse kurde Le 4e congrès du PKK Les relations avec les partis kurdes d'Irak

 

La naissance de la lutte armée

Le coup d’Etat militaire de 1980 balayait ainsi toutes les organisations kurdes en Turquie. Le PKK gardait 200 militants au Liban, le KUK 400 au Liban également, et le DDKD en avait dans le Nord de l’Irak. Ces deux derniers partis décidèrent de dissoudre leurs structures militaires, considérant que les bases d’une révolution étaient décimées par le putsch.

En Syrie, le PKK établira très rapidement des relations avec les Palestiniens par l’intermédiaire des Kurdes syriens.

En 1979, des hommes du PKK essuyèrent une défaite armée contre une tribu kurde d’Urfa, les Bucak. Le Parti prit conscience du peu de formation militaire de ses miltants. La direction de l’organisation décida alors d’en envoyer une centaine dans la Bekaa. Ils échapperont ainsi aux rafles et seront entraînés dans les camps du FPLP, avant de lancer les premières attaques contre les forces de sécurité turques en 1984. En 1982, lors des attaques d’Israël contre le Liban, le PKK se battra aux côtés des Palestiniens et perdra 12 combattants, ce qui confortera son établissement dans la Bekaa.

Le parti y tiendra son deuxième congrès qui prendra la décision de lancer des actions de guérilla contre la Turquie. C’est aussi pendant cette période, et surtout après 1983, qu’Öcalan fort de son contrôle sur les jeunes militants se distinguera par des méthodes peu recommandables et imposera son emprise sur l’organisation au détriment des autres dirigeants.

La décision de commencer la lutte armée étant prise, le PKK établit des contacts avec le PDK d’Irak, et conclut avec lui un accord de coopération pour permettre l’ouverture de camps dans la zone contrôlée par le PDK au Nord de l’Irak. C’est de ces bases que les premières attaques partiront le 15 août 1984 contre des installations militaires dans les villes frontalières d’Eruh et Semdinli.

La première réaction des dirigeants turcs est la ligne politique traditionnelle. Ils déclarent que c’est l'oeuvre d'une "poignée de bandits qui ont échappé au coup d’épée" et qu’en 24 heures ils seront éliminés. Pour leur part, les autres organisations kurdes et la gauche turque crient à la provocation du MIT qui veut créer les prétextes d’une nouvelle répression, mais l'avenir les démentira. Le délai de 24 heures que les Turcs s’étaient donné pour "éradiquer ces bandits" sera reporté à une semaine, à un mois, à un an...

La stratégie du PKK qui consiste en trois étapes principales - la "défense stratégique", "l’équilibre stratégique" et "l’offensive stratégique" - est très simple. L’organisation estime que "les révoltes réprimées dans le sang des années 1920 et 30 et la répression de la junte de 1980 ont semé la peur parmi la population du Kurdistan". Celle-ci ne croit pas à une solution par les armes et pense que la guérilla ne tiendra pas longtemps.

Ainsi, la première tâche que le PKK se fixe est de montrer à la population paysanne et pauvre qu’il est possible de s'opposer à l’Etat et à ses forces de sécurité en leur infligeant des pertes, tout en minimisant les siennes propres par des actions dont les risques seront minimes. L’armée ne pouvant capturer les guérilleros se retournera contre la population, ce qui la convaincra d’avoir une défense et d’apporter son soutien à la guérilla.

Les premières attaques du PKK pendant la deuxième moitié de 1984 et pendant l’année 1985 visent cet objectif. D’août 1984 jusqu'à mi-1985 c’est un succès. Certes, le nombre d’actions de la guérilla est limité, mais ses pertes sont peu nombreuses. Öcalan qui est alors le chef unique et qui contrôle entièrement l’organisation décide d’enfoncer le clou et donne l’ordre aux unités d’entreprendre des actions qui pourraient infliger plus de pertes à l’armée.

Ces actions ambitieuses de la fin de l’année 1985 seront un échec sérieux non seulement du fait de changement de tactique de façon prématurée, mais également parce que dès mai 1985, l’Etat met en place un système de "gardiens de villages". Ceux-ci, souvent enrôlés de force, apporteront des renseignements précieux à l’armée qui n’hésitera pas à déployer les grands moyens. L’organisation va subir des pertes importantes par rapport à ses faibles effectifs et il ne restera presque plus d’unités dans le Kurdistan turc.

 

Le troisième Congrès du PKK et l’instauration de la guérilla

C’est sur ce constat que s’ouvre le 3ème congrès du PKK en 1986 dans la plaine de la Bekaa au Liban. Öcalan, fort de l'élimination de ses concurrents potentiels qui ont été expulsés de l'organisation comme sa femme Kesire, ou exécutés comme Semir, est assuré que personne ne se risquera à lui porter ombrage et instaure son emprise totale sur le congrès. Il attribue la responsabilité des pertes subies à la mauvaise interprétation de ses ordres et force les commandants militaires à des "autocritiques" dans lesquelles ils "avouent" leur responsabilité. Pour cette fois, Öcalan déclare leur pardonner.

C’est aussi le début des fameux "çözümleme" (dénouement ou solution) qui n’ont de solution ou dénouement que leur nom. Ce sont de longs discours fleuves de 4 ou 5 heures que l’assemblée des militants est obligée d’écouter en position de garde à vous. Öcalan déclare au congrès de 1986 : "Ce n’est pas la personne mais la société, et pas le moment mais l’histoire que j’analyse" ; comme quoi l’ambition ne lui manque pas.

Il fait adopter par le congrès le projet d'instauration d'une guérilla structurée. C’est la phase de la "défense stratégique". Conformément à la nouvelle stratégie, toute forme d’existence de "l’Etat colonialiste turc" sera prise pour cible. Parmi les cibles énumérées dans les actes du congrès, il y a notamment les militaires et la police, les gardiens de villages, les informateurs, les collaborateurs, les bâtiments publics et les autres possessions de l’Etat, mais également les fonctionnaires et parmi eux les instituteurs.

Les unités recevront l’ordre d’expulser du Kurdistan les fonctionnaires, y compris les enseignants qui sont qualifiés d’instruments de la propagation de la culture et de la langue du colonisateur au détriment du kurde.

Finalement, la création de l’ARGK (Armée de Libération Nationale du Kurdistan) est décidée. Une autre branche du mouvement dont la fondation est officiellement décidée pendant ce congrès est l’ERNK (Front de Libération du Kurdistan) qui est l’aile populaire et se veut civile. Cependant, l’histoire officielle du PKK fait remonter la création de l’ERNK au 21 mars 1985.

Dès le printemps 1986, le PKK lance des unités formées plus sérieusement et mieux armées dans des attaques surprises dans les régions le long de la frontière iraquienne. Ceux qui sont en première ligne sont les gardiens de villages. Lors des attaques lancées contre les villages, des femmes et des enfants aussi perdent la vie. Le PKK s’en défend en déclarant que c’est les gardiens de villages qui attirent systématiquement les combats dans les villages, afin de sauver leur peau et que "les balles n’ont pas d’adresse".

Pour résoudre le problème de manque de combattants, le congrès instaure le service militaire obligatoire pour un jeune garçon ou une jeune fille par famille, mais sans pour autant fixer d’âge minimum. Les unités de la guérilla vont donc enrôler souvent de force des jeunes gens, ce qui va attirer l’hostilité de la population, et principalement des tribus qui voient d’un mauvais œil l’enrôlement de filles très jeunes (entre 12 et 15 ans). On assiste alors à un phénomène déjà existant, mais qui va se propager. Déjà en 1979, le PKK avait pris parti pour certaines tribus dans leurs vendettas contre d’autres, afin de trouver rapidement des combattants. Cette fois, la politique d’enrôlement massive et hasardeuse et les attaques contre les gardiens de villages qui font des pertes parmi les femmes et les enfants poussent dans les bras des autorités turques des tribus entières dans la région frontalière avec l’Irak. Même la tribu des Jirki dans la région de Sirnak, connue pour son implication dans toutes les révoltes dans cette région, dont le chef était recherché depuis 10 ans pour meurtre de soldats et officiers, ne fera pas exception. 

Öcalan, refusant de reconnaître son erreur tactique, mettra la responsabilité de ses propres dérives sur des commandants comme "Kör Cemal" (Halil Kaya) ou "Metin" (Cemil Isik) et les fera exécuter. Ils seront pour cela accusés d’avoir abusé de l’autorité que l’organisation leur avait attribuée pour servir leur règne personnel. Vu les conditions pénibles dans lesquelles étaient obligés d’opérer ces combattants, on ne peut s’empêcher de se demander en quoi consistait leur "règne". Cemil Isik qui avait réussi à s’enfuir fut assassiné en Allemagne en 1993. Selon l’ancien membre du comité central du PKK, Selahattin Celik, le nombre des militants et cadres qui ont été exécutés par l’organisation juste après le congrès de 1986 est de 50 à 60. Toujours selon lui, Öcalan voulait prouver sa force et démontrer qu’il contrôlait seul l’organisation. Ces exécutions étaient la deuxième purge de l’histoire du PKK, après celle de 1982.

  

Les contre-mesures des autorités

Les autorités décident de répondre aux attaques par la terreur. Elles créent le 19 juillet 1987 le poste de "gouverneur d’état d’urgence" pour la surveillance des 11 provinces kurdes les plus sensibles. Le premier "super-gouverneur" sera Hayri Kozakcioglu, doté de pouvoirs spéciaux si larges que certains le qualifieront de roi sans trône.

Sous la coordination de Kozakcioglu, les forces de sécurité vont être réorganisées. La stratégie est définie par la Direction de la Guerre Spéciale (OHD) qui dépend de l‘Etat Major des Armées. Petite à petit, des unités spéciales sont formées dans l’armée et la police et le nombre de gardiens de villages est multiplié. Ce sont ces unités, en première ligne des opérations de l’armée, qui souvent massacreront les villageois refusant de prendre les armes pour devenir "gardiens de village" ou simplement refusant de dénoncer les guérilleros.

Parallèlement, les autorités ont entrepris une propagande sur le plan interne et externe en dénonçant le PKK comme une organisation "sanglante" et "terroriste" responsable de massacres de civils et qui n'épargne pas plus les femmes que les enfants. Elles brûlent les villages avec la complaisance de la presse qui ne s’est jamais souciée de la véracité des communiqués du super-gouverneur.

C’est seulement après des massacres particulièrement troublants et qui ont fait des dizaines de morts que certains journalistes turcs et des défenseurs des droits de l’homme kurdes se sont intéressés à la question et se sont risqués à vérifier ces informations. Ils ont alors dénoncé le fait que la plupart des massacres attribués au PKK étaient commis par les forces de l’ordre parce que les villageois n’acceptaient pas de prendre les armes.

Au fur et à mesure que les actions de la guérilla vont se multiplier et se répandre dans les régions kurdes, la riposte des autorités va se durcir. Le chef d’état-major Necip Toruntay déclare le 17 août 1989 : "Les forces armées turques feront tout pour combattre le terrorisme séparatiste qui a pour objectif de détruire l’existence de la nation et l’intégrité territoriale du Pays [...]. Nous nous battrons contre les fusils avec des fusils, nous y sommes obligés". Cette déclaration de guerre accélérera la destruction et l’évacuation forcée des villages.

Devenu président, Turgut Özal, après la réunion du Conseil National de sécurité du 28 mars 1990 qu’il présida, parle d’un "plan visant l’intégrité territoriale de la République turque". Il annonce une "zone de sécurité" dépeuplée le long de la frontière avec l’Irak.

Son premier ministre Yildirim Akbulut adopte le décret anti-terreur 413 le 10 avril 1990. Celui-ci est suivi de la loi anti-terreur promulguée en 1991, puis par plusieurs directives secrètes.

Le 30 septembre 1992, après la réunion du Conseil National de Sécurité à Diyarbakir, le premier ministre Suleyman Demirel déclare que si une solution politique était possible, elle serait déjà mise en œuvre... En fait, les militaires auraient été très clairs : "Ou vous acceptez notre solution, ou il n’y a pas de solution du tout". La solution des militaires qui était déjà mise en application depuis 1990 consistait en un certain nombre de mesures dont voici l’essentiel :

- Premièrement, application stricte et sévère de la loi anti-terreur.

- Deuxièmement, il s’agissait d’interdire les organisations légales kurdes. Dans un climat de terreur et après de nombreuses attaques et meurtres, les partis politiques, les journaux, les associations et les syndicats kurdes furent interdits et dissous.

- Le troisième point visait la destruction des villages : alors que depuis 1984, seuls les villages de quelques zones précises avaient été vidés de leurs habitants, à partir de 1990 l’évacuation forcée des villages fut planifiée et toutes les régions subirent une politique de dépeuplement. Aujourd’hui, on estime ainsi que plus de 3.500 villages ont été rayés de la carte.

- La quatrième étape consistait à stopper tout mouvement populaire. Dans ce sens, toutes les manifestations furent réprimées dans le sang : des centaines de civils furent tués et 30 villes et villages bombardés.

- La cinquième étape visait à faire disparaître tous les leaders et intellectuels locaux dirigeant des organisations politiques. Pour cela, des unités de la Contre Guérilla telles le JITEM (renseignements de la gendarmerie), les "équipes spéciales" et même le Hezbollah furent utilisées. Entre 1990 et 1995, près de 4.000 personnes furent assassinées et les responsables n’ont jamais été arrêtés.

- Le sixième volet de la stratégie consistait au déplacement massif des populations rurales. Durant cette période, 5 millions de Kurdes ont été forcés à l’exode, le but étant de les intégrer à la société turque et de les assimiler.

- Le dernier volet consistait à provoquer des affrontements entre le PDK et le PKK pour entraver le fonctionnement de l’administration autonome kurde en Irak. Cela ne fut pas difficile, car le PKK ayant des visées sur le Kurdistan d’Irak avait imposé un embargo sur le PDK en prétextant la collaboration de celui-ci avec la Turquie.

Ainsi, se sont évanouis les espoirs nés de la reconnaissance par Demirel de la "réalité kurde" lors de son meeting à Diyarbekir avant les élections du 20 octobre 1991.

 

"Serhildan" : l’intifada kurde

Pendant longtemps, les familles kurdes ont eu peur d’aller chercher la dépouille de leurs fils ou filles tués dans les accrochages avec les forces de l’ordre. Les guérilleros tués étaient soit enterrés dans des fosses communes par l’armée, soit par des équipes municipales dans les cimetières communaux du lieu où ils avaient été abattus.

Pour la première fois fin 1989, des familles kurdes ont osé aller chercher leurs morts. Au fur et à mesure que cette pratique s’est généralisée, les forces de sécurité turques ont commencé à réagir par les armes. Ainsi, à plusieurs reprises les militaires n’ont pas hésité à tirer sur la foule faisant plusieurs dizaines de morts.

Cependant, la population avait vaincu sa peur. Les funérailles étaient l’occasion de défier les forces de l’ordre par l’organisation de manifestations ou fermetures de magasins. C’est lors des festivités du Newroz, nouvel an kurde, les 21 mars des années 1990, 1991 et surtout 1992, que les manifestations et les massacres furent les plus violents.

Plus que les actions de la guérilla, c’est ces mouvements populaires qui inquiétaient les dirigeants turcs et qui ont motivé le recours à des mesures de plus en plus dures.

Ainsi, tout au long de l’année 1992, le Kurdistan fut endeuillé par de nombreux "incidents" qui firent plusieurs centaines de morts parmi les civils. Les premiers éclatent le 21 mars lors des célébrations du Newroz à Cizire et à Nusaybin et se répandent rapidement dans tout le Kurdistan, faisant 92 morts selon la Fondation des Droits de l’Homme.

Plus grave encore, les incidents de Sirnak du 18 août 1992 qui ne feront officiellement que 14 morts. Pendant plusieurs jours, la ville est soumise au feu des mortiers, roquettes, canons des chars de l’armée, sans que la présence de combattants du PKK n'ait jamais été démontrée. L’un des chef des gardiens de village de Sirnak, Ali Han Tatar, appelant au téléphone un général pour lui demander pourquoi l’armée tirait sur sa maison, s’entend répondre : "Le fils d’un cochon est aussi un cochon, le fils d’un serpent est un serpent, et vous êtes tous des Kurdes !"[1] En réalité, ces opérations feront plus d’une centaine de morts civils, et amèneront Abdullah Öcalan à déclarer "Si Cizre nous appartient aujourd’hui, c’est à moitié grâce à nos efforts. Mais l’autre moitié, la Turquie nous l’a apportée sur un plateau d’argent."

En fait, pendant cette période qui a duré jusqu'à fin 1992 et pendant laquelle la Turquie hésitait encore entre la guerre totale et des opérations plus sélectives, le PKK a fait des erreurs monumentales. Öcalan, lui même surpris par l’ampleur que le mouvement prenait, a commencé à croire pour de bon qu’il était né pour faire la révolution, non seulement au Kurdistan, mais aussi dans tout le Moyen-Orient, ce qui l’a conduit à son projet de grande fédération entre Turcs, Kurdes, Perses et Arabes. Au lieu de procéder dans un esprit de conciliation, il considérait la libération du Kurdistan comme une chose acquise qu'il fallait compléter par la révolution socialiste et sociale.

A ceux qui prétendaient que la Turquie était en train de vider les villages kurdes, que bientôt la guérilla n’aurait plus de bases populaires, et qu’il faudrait petit à petit procéder à la guérilla urbaine, Öcalan répondait qu’ils étaient des provocateurs qui voulaient détruire le mouvement.

Pendant ces années, tous les prétextes étaient bons pour imposer aux commerçants de baisser les rideaux de leurs magasins et à la population de descendre dans la rue. Dans la plupart des villes, les magasins et commerces ne restaient ouverts que quelques jours par mois. Avec l’embargo du PKK sur le PDK pendant l’année 1992 qui mettra fin également au commerce avec l’Irak, principale ressource de la région, l’économie locale fut asphyxiée.

Cet état de chose préoccupait peu Öcalan pour qui chaque chômeur de plus était un combattant de plus pour l’organisation qui comptait bien doubler ses effectifs militaires pour passer de quinze mille hommes à trente mille.

Pendant sa grande période, les forces du PKK étaient de 15.000 hommes environ auxquels il convient d'ajouter plusieurs milliers de miliciens et quelques 5.000 membres actifs en Europe.

Entre 1984 et 1990, ses forces armées étaient principalement basées dans les régions de Hakkari, Van, Siirt et Mardin. Des unités plus petites de guérilla étaient établies à Diyarbakir, Bitlis, Dersim, Kars, Agri, Adiyaman et Maras. A partir de 1990, Diyarbakir, Dersim et Bitlis comptèrent parmi les régions les plus actives. Des unités plus petites opéraient dans toutes les régions des villes de Malatya, Antep, Maras, Erzurum, Kars et Agri. Après 1995, la guérilla fut étendue dans les régions de la mer Noire et de la Méditerranée.

 

Les partis politiques poursuivis et interdits

Le HEP, le OZDEP, le DEP et le HADEP

Autres Partis politiques kurdes poursuivis et interdits

Après la dissolution du DEP, une dissidence (proche du PSK) conduite par Ibrahim Aksoy, (ancien député du SHP de 1987 à 1992, exclu de ce parti à la suite d'un discours devant des députés européens à Strasbourg) a créé le DDP au mois d’avril 1995. Celui-ci a été dissout quatre mois après sa création par le Conseil Constitutionnel pour propagande séparatiste, alors que son programme proposait une solution pacifique et politique de la question kurde.

Pendant sa courte existence, ce parti n’a pas échappé à la répression et de nombreux procès ont été intentés contre ses membres et ses dirigeants. Mr Aksoy, arrêté à l’aéroport d’Istanbul alors qu’il rentrait d’une visite en compagnie d’une délégation étrangère, a été emprisonné pendant deux ans environ. Libéré, il a dû rejoindre l’Allemagne du fait de nombreux procès intentés contre lui et pouvant le conduire en prison pour plusieurs années.

Face à une dissolution imminente du DDP, le DBP a été créé le 11 mars 1996 et a été dès sa création constamment victime de pratiques arbitraires. De nombreuses activités lui ont été interdites, ses membres et responsables ont souvent été arrêtés et menacés. Ainsi, le Président, le Secrétaire Général Fehmi Demir, ainsi que d’autres dirigeants ont été traduits devant la Cour de Sûreté le 11 septembre 1996 pour des discours prononcés lors du 1er congrès du parti.

Un autre Parti qui n’a pas échappé à la répression est le DKP (Parti Démocratique des Masses) créé le 3 janvier 1997, par Serafettin Elci, un ancien ministre, et ses amis. Celui-ci proposait dans son programme la solution de la question kurde par une large décentralisation. Le 18 juin 1997, un procès en dissolution a été ouvert contre le DKP pour "propagande séparatiste".

 

L’essor de la presse kurde

Déjà dans les années soixante et surtout soixante-dix, toutes les formations kurdes avaient leur revue clandestine paraissaient des articles en kurmandji. Le coup d’Etat militaire de 1980 interdit officiellement toute publication dans une langue qui n’était pas la "langue officielle d’un des Etats des Nations-Unies" par l’article 2932 qui en fait visait principalement le kurde.

Sous la pression de l’opinion publique kurde, cet article fut supprimé le 12 avril 1991. De nombreux hebdomadaires et mensuels ont alors vu le jour, chaque groupe ayant son propre journal. Cependant, il n’était pas question de parler ouvertement du problème kurde, d’utiliser par exemple le mot "Kurdistan", et encore moins de prôner son indépendance sous peine de saisie, d’interdiction et d’emprisonnement.

Les articles étaient principalement rédigés en turc pour être compris des Turcs, mais également des kurdes ne parlant pas le kurmandji. Cependant, les pages culturelles étaient presque toujours rédigées dans cette langue.

Le premier quotidien kurde publié légalement en Turquie, "Özgür Gündem" (L’ordre du jour libre), est sorti pour la première fois le 31 mai 1992 avec un tirage de trente mille exemplaires (dix mille en Europe). Le journal a été créé par des hommes d’affaires proches du PKK. Les interviews d’Abdullah Öcalan y sont fréquentes et des articles de celui-ci sont publiés sous le pseudonyme d’Ali Firat.

La répression ne se fait pas attendre. Jusqu'à sa suspension par les tribunaux le 15 janvier 1993, 5 journalistes et 4 distributeurs sont assassinés. Le 26 avril 1993 la publication reprend, mais presque aussitôt 2 correspondants et 4 distributeurs sont tués. Sur 198 numéros parus, 134 ont été saisis par la police. Les amendes se chiffrent à des centaines de milliards de livres turques et les peines requises contre les rédacteurs s’élèvent à des centaines d’années de prison. Le propriétaire, Yasar Kaya, a dû quitter la Turquie.

Le 10 décembre 1993, le siège du journal à Istanbul est perquisitionné et les 150 journalistes et employés sont placés en garde à vue pendant plusieurs heures sans aucune explication. Le quotidien sera finalement interdit en avril 1994.

"Özgür Ülke" (Pays Libre) le remplace, mais les mêmes difficultés se poursuivent. La plus spectaculaire des attaques sera le plasticage de ses bureaux le 3 décembre 1994.

Le 30 novembre 1994, Tansu Ciller, Premier Ministre de l’époque aurait envoyé une directive secrète et très explicite aux préfets. Après une description des "activités séparatistes et subversives", elle s’étonne que des mesures concrètes et efficaces ne soient pas prises et que ces journaux trouvent toujours les moyens de continuer leur publication. Elle poursuit : "Des moyens efficaces pour  lutter contre les organes de presse qui prônent clairement le séparatisme et qui soutiennent le terrorisme doivent être trouvés et les dispositions nécessaires doivent être prises dans les meilleurs délais"[2].

Trois jours après la diffusion de cette directive, le 3 décembre 1994, le siège du quotidien "Ozgur Ulke" à Istanbul, le bureau de coordination qui se trouve dans la même ville et l’antenne d’Ankara ont été plastiqués à la même heure. A Adana, la bombe n’a pas explosé. L’immeuble qui abritait le siège du journal à Istanbul fut complètement détruit par l’explosion qui a causé en outre la mort du journaliste Aydin Ersin et blessé 10 personnes. Le journal sera à son tour interdit le 4 février 1995.

Le premier numéro de "Yeni Politika" (Nouvelle Politique) sera publié le 12 avril 1995. Après 126 numéros dont la presque totalité a été saisie, il sera suspendu le 17 août 1995. La publication se poursuit en Europe sous le titre de "Özgür Politika" avec un tirage de quatorze mille exemplaires.

Un nouveau quotidien "Demokrasi" prend la relève, à son tour interdit ; le nouveau titre est "Özgür Bakis" (Regard Libre).

Ce n’est pas seulement la presse kurde proche du PKK qui a connu la répression, mais également celle des autres partis. 15 des 40 premiers numéros de l'hebdomadaire "Azadi" (proche du PSK) créé également en 1992 ont été saisis et le journal fut interdit en 1994. "Ronahi" lui a succédé et a publié son premier numéro en mai 1995. Tous les numéros publiés ont subi la censure avec son lot de procès et de tracasseries diverses. Ces hebdomadaires auraient été tirés à vingt mille exemplaires.

Enfin il y a l’hebdomadaire "Roj" (9 numéros sur 10 saisis) dont les prédécesseurs "Medya Günesi", "Jiyana Nu" et "Serketen" ont été également interdits.

 

Le 4ème Congrès du PKK de 1990

C’est sur fond de grands bouleversements que se réunit le 4ème congrès du PKK. L’Union soviétique est en décomposition et la coalition conduite par les Américains s’apprête à punir l’Irak pour avoir envahi le Koweït. L’Irak ayant retiré toutes ses forces dans le Sud du pays, le Nord est sous le contrôle des Kurdes et le PKK en contrôle les montagnes. Les armes laissées par les forces irakiennes constituent des réserves importantes et les soulèvements populaires dans le Kurdistan fournissent des combattants en grand nombre.

Pour le PKK l’heure est venue. Le congrès décide de la création d’un gouvernement du Botan-Bedinan (à cheval sur la frontière Irak-Turquie) sous la direction du parti. Il décide de déloger le PDK de cette région, s’il le faut par la force.

L’organisation estime que le temps des actions de guérilla avec de petites unités est révolu. Désormais, c’est des corps de plusieurs centaines d’hommes qui doivent agir pour déloger l'armée des postes frontaliers et des casernes. C’est la "guerre des mouvements". Les premières attaques connaissent un succès inespéré, mais les mesures prises par les autorités, notamment la suppression des petites casernes et postes de gendarmerie montreront les limites de la "guerre des mouvements". L’organisation va continuer à opérer avec des troupes composées jusqu'à 300 personnes, sous la houlette  d’Öcalan et au prix de pertes très importantes.

C'est au cours de ce congrès en 1990 qu’Öcalan fait éliminer ses derniers opposants, principalement ceux ayant subi 10 ans de geôles turques, dont Mehmet Sener. Celui-ci critiquait les méthodes autoritaires d’Öcalan et proposait que la guérilla ne soit pas simplement limitée au Kurdistan, mais qu’elle soit étendue également dans les grandes villes turques, ceci pour éviter une politique de terre brûlée qui la laisserait sans base populaire. Il sera candidat au poste de Président de l’organisation et élu avec une grande majorité des voix.

Cependant, Öcalan qui ne s’était pas donné la peine de se déplacer pour assister au congrès, le fera capturer et fusiller avec plusieurs de ses proches. Les autres participants de la réunion ont été incarcérés dans des camps de réhabilitation au Liban pendant plusieurs années.

 

Les relations avec les partis kurdes d’Irak, le PDK et l’UPK

La coopération

Vu de loin le PKK est différent du PDK de Massoud Barzani et de l’UPK de Jelal Talabani. Les Partis kurdes irakiens ont une structure féodale avec à leur tête un chef incontesté ; ils n’ont pas d'idéologie spécifiquement définie et l’UPK a une structure plus moderne et surtout plus démocratique que le PKK. 

Ce dernier va établir des relations avec le PDK dès le début de l’année 1980 du fait que ce parti contrôle toute la région frontalière avec la Turquie. L’UPK est lui implanté plus au Sud, le long de la frontière avec l’Iran.

Le premier accord entre le PDK et le PKK, aux termes duquel le PKK est autorisé à installer des camps dans les zones sous le contrôle de Barzani, est signé en 1981. Les deux organisations publient un communiqué commun, lorsqu’en 1983 la Turquie masse des troupes à la frontière.

Mais la lutte armée lancée par le PKK en août 1984 contre la Turquie va inquiéter Massoud Barzani qui ira voir Öcalan à Damas à deux reprises en septembre 1984 et en mars 1985. Cette inquiétude s’explique par le fait de la dépendance de la zone kurde par rapport à la Turquie : le seul poste frontière ouvert est en effet turc. Selon les clauses de l’accord, le PKK ne devait pas lancer d’attaques près de la frontière, afin d'éviter de donner aux Turcs un prétexte pour lancer des attaques extra frontalières et pour imposer un embargo économique.

La rupture aura lieu fin 1985, après qu’au mois de juin de la même année des militants du PKK dont un membre du comité central auront été tués par les hommes du PCI, allié du PDK. 

Profitant de l’occasion, l’UPK de Jelal Talabani noue ses premiers liens avec le PKK, qui devient un allié de plus en plus fort. Les deux organisations signent même un protocole le 1er mai 1988, sans que cela aboutisse à quelque chose de concret.

Le 4 janvier 1991 en pleine préparation de la guerre du golfe par les alliés, Abdullah Öcalan, Jelal Talabani, Sami (Front du Kurdistan d’Irak) et un dirigeant du PDK iranien se réunissent à l’académie militaire du PKK dans la Bekaa pour fonder le "Congrès National".

Mais, la défaite de l’Irak et le passage sous contrôle du PDK et de l’UPK du Kurdistan irakien va changer les données. Comptant sur les promesses des Américains, les Kurdes lancent un soulèvement populaire pour renverser Saddam Hussein. Cependant, lorsque celui-ci va lancer ses gardes républicaines et ses hélicoptères contre les Kurdes, les Américains ne bougeront pas. Hantés par l’idée que l’armée irakienne va utiliser des armes chimiques comme en 1988, trois millions de Kurdes vont fuir leurs villes et villages et se masser aux frontières de la Turquie et de l’Iran.

Devant l’ampleur de la tragédie et sous la pression de l’opinion publique mondiale, les alliés vont établir une zone de sécurité au nord du 36ème parallèle qui sera sous la protection des Nations Unies. Naît alors une lueur d’espoir pour les Kurdes irakiens qui organisent des élections en mai 1992 et forment un gouvernement à Erbil.

Le PKK pense que l’heure des Kurdes est venue pour proclamer un Kurdistan indépendant et que Talabani et Barzani se plieront aux exigences des Turcs et des Américains. Ce dont le PKK ne tient pas compte, c’est de la situation dans laquelle se trouve au printemps 1991 des centaines de milliers de civils Kurdes qui sont condamnés à la famine si les Turcs bloquent la frontière, car au Sud l’embargo de Saddam est total. Pour éviter ceci, dès juin 1991 Jelal Talabani se rend à Ankara pour rassurer le président turc Turgut Özal.

Les négociations hasardeuses des chefs kurdes irakiens avec Saddam, sans aucune garantie, vont radicaliser les positions du PKK qui pense que les éléments de la force d’intervention rapide prêtent main forte aux troupes turques dans leurs opérations contre la guérilla. Le PKK dénonce le rapprochement avec la Turquie et en riposte crée sa branche irakienne, le parti "Azadi".

Une dernière tentative de l’UPK fin 1991, pour trouver une solution échouera du fait de l’intransigeance du PKK. Le PDK attaque alors Azadi, arrête ses membres, interdit ses publications et supprime des chefs de tribus favorables au PKK.

Le PKK riposte par le blocus du poste frontalier de Habur en juillet 1992. Le trafic de centaines de camions par jour devient nul après que le PKK ait menacé de mort les conducteurs et brûlé quelques camions. Soumis à un embargo par le Sud depuis le printemps, le Kurdistan irakien se trouve menacé d’asphyxie. 

En fait, le problème provient de l’irréalisme politique d’Öcalan qui galvanisé par le réveil populaire des Kurdes en Turquie et par l’importance qu’a pris son mouvement pense qu’il doit diriger l’ensemble du mouvement Kurde : il se fera d’ailleurs proclamer "leader national"... par ses militants Pour lui, le Kurdistan de Turquie étant la plus grande partie du Kurdistan il ne peut être que déterminant dans la solution définitive. Il prône donc la réunification du mouvement kurde en Irak et en Turquie sous sa direction et prétend faire la révolution non seulement au Kurdistan, mais aussi dans tout le Moyen-Orient.

La guerre kurdo-kurde (octobre 1992) en Irak

Exacerbé par l’embargo imposé par le PKK et soucieux de plaire aux Américains et aux Turcs en espérant en tirer un soutien pour son entité fédérale, le parlement kurde d’Erbil lance un ultimatum au PKK le 4 octobre 1992 : ce dernier doit retirer ses forces de la zone frontalière avant le 6 octobre, ou il sera délogé par la force.

Les dernières tentatives pour convaincre le PKK de quitter la région ne serviront à rien. Osman Öcalan, le frère du chef du PKK qui commande toutes les forces au Nord de l’Irak accepte les propositions de l’émissaire envoyé par les Kurdes irakiens, mais Abdullah Öcalan furieux refuse tout compromis, et ordonne à ses combattants de passer à l’action. Il pense que ses hommes feront une bouchée des peshmergas. Les combats commencent avant l’expiration de l’ultimatum le 5 octobre dans la région de Zakho à la frontière et à Hakurk, près des trois frontières.

L’armée turque ne perdra pas de temps pour intervenir. Dès le 8 octobre 1992, l’aviation turque commence à pilonner les positions du PKK. Le 16 octobre l’armée lance une opération "limitée" pour "empêcher l’infiltration des terroristes du PKK", mais les Turcs ajoutent que leurs forces ont pénétré jusqu'à 30 kilomètres à l’intérieur de l’Irak et que cette opération "n’a pas de lien avec l’opération des peshmergas"[3]. Le PKK poursuit les combats, malgré un nouvel ultimatum qui expire le 17 octobre 1992.

Constatant que ses forces sont encerclées des tous les côtés, Osman Öcalan, malgré l’opposition de son frère, accepte les décisions du Parlement d’Erbil et négocie les conditions de reddition le 25 octobre 1992. En effet, à Hakurk les guérilleros étaient complètement encerclés, à Batufa et Haftanin la situation n’était guère différente et la nouvelle offensive de l’armée turque du 22 octobre rendait plus difficile encore la situation.

Le cessez-le-feu intervient le 27 octobre 1992, après la signature de l’accord de reddition par Osman Öcalan et Fuat Masum qui prévoit le regroupement des forces du PKK dans des camps éloignés de la frontière avec la Turquie.

S’agissant du bilan, chaque partie a tendance à minimiser ses pertes et à exagérer celles de l’adversaire. Selon le PKK, ses pertes sont de 150 hommes alors que les pertes de l’armée turque sont de 500 hommes et celles des peshmergas de 1.000. Les Turcs affirment avoir perdu 23 soldats et estiment les pertes du PKK a 1.856 morts et 1.000 blessés. Le PDK estime pour sa part les pertes du PKK à plus de 500 tués et les siennes à une centaine de peshmergas. Il faut ajouter à ces chiffres ceux plus sûrs de 2.000 combattants du PKK qui ont été transférés dans les camps éloignés de la frontière turque.

Le gouvernement d’Erbil refusera de rendre ses prisonniers à la Turquie et en contrepartie le PKK lèvera l’embargo le 18 novembre 1992.

Le responsable numéro un de cette guère fratricide est incontestablement Abdullah Öcalan. Loin du terrain, des combats, en sécurité dans sa villa de Damas (ndlr : avec piscine d'eau de mer), il a sous-estimé les peshmergas et pris à la légère leur ultimatum. Il n’a pas plus tenu compte de l’avis de ses hommes qui eux ne voulaient pas de cette guerre. Il a d'ailleurs toujours pensé que le responsable de cette défaite qui fut sans aucun doute très sévère était son frère qui n’avait pas déployé toute la bonne volonté nécessaire. Osman Öcalan est en conséquence tombé en disgrâce pendant plusieurs années. Il fut d'ailleurs par la suite obligé "d'avouer" sa faute et de demander pardon au "leader national" en écrivant "qu’il n’avait pas su donner sens à ses avertissements et qu’il était responsable de la défaite". Cette période fut intitulée dans l’histoire officielle du parti : "la pratique d’Osman". Si celui-ci ne fut pas tout simplement exécuté, c’est uniquement parce qu’il était le frère du chef du PKK.

La deuxième guerre du PKK contre le PDK

Abdullah Öcalan n’a jamais supporté cet échec et s'en est vengé à la première occasion. Profitant des combats entre l’UPK et le PDK, il donne l’ordre d’assaut à ses forces le 26 août 1995 contre les positions du PDK. A peu près deux mille hommes du PKK lancent des offensives ponctuelles et se retirent après quelques heures de combat.

Une autre raison à cette offensive que le PKK a appelée le "deuxième 15 août" (en référence au déclenchement de la lutte armée contre la Turquie) est les négociations de Dublin sur la situation du Kurdistan d’Irak dont le PKK, la Syrie et l’Iran ont été écartés. Même si le PKK a crié au complot américain, il est probable que les Syriens aient demandé la contrepartie de plusieurs années de bons et loyaux services et de leur protection.

En décembre 1995, les deux organisations parviendront à un cessez-le-feu et le "deuxième 15 août", pourtant proclamé avec pompe fut oublié...


La naissance de la lutte armée
 
Le 3e congrès du PKK
 
Les contre-mesures des autorités
 
"Serhildan" : l'intifada kurde
 
Les partis politiques
 
L'essor de la presse kurde
 
Le 4e congrès du PKK Les relations avec les kurdes d'Irak Sommaire

[1] Bulletin de l’Institut Kurde de Paris de novembre 1992

[2] Machine de Mort : La contre guérilla turque p. 443 ; Selahhatin Celik

[3] Le Défit Kurde, Chris Kutschera, p 267 ; BBC