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Le Rouge est passé, Le Noir aussi, Le Vert les a suivi. Le tour du Bleu est venu. Il a attendu, attendu. Les murs de l'aéroport fatiguaient. Les yeux du policier parcourait les pages. Sur la première : Serf migrant. Sur la deuxième : Sauvage égaré. Sur la troisième : Voleur, tueur, terroriste Un œil ne quittant pas mes yeux, Et l'autre ne quittant pas le Bleu, Il tournait les pages, Et les pages tournaient. J'attendais, Et le Bleu attendait. Un œil haineux Ne quittait pas mes yeux Me disant : Pauvre Ignorant Et pour finir me le tendant, Avec au cœur la colère d'un ennemi. Je me suis assis et j'ai réfléchi. Les larmes brûlaient mes yeux. Et le Bleu était triste, très malheureux. Je le consolais, Mais il s'écartait, En égrenant ses plaintes, Et pleurant, pleurant. Pourquoi suis-je orphelin ? Le Rouge, le Vert, le Noir passent vite, Et je reste en arrière du troupeau. Migrant, serf, Sauvage, ignorant. Ma taille n'est pas haute, Mon visage n'est pas beau, Mes yeux sont louches, Mes cheveux ne sont pas blonds. Dis-moi donc : Qu'aimes-tu en moi ? Ne prends pas le deuil, Ne pleure pas, C'est moi qui suis orphelin Devant la porte, C'est moi qui suis fini. Quel engrenage ! Dans les cellules de mon sang, La vie afflue. Dans les yeux de mon cœur, L'amour jaillit. J'ai le sang chaud, Je possède arbres, terres, Vignes, troupeaux. Viens donc Orphelin, Pauvre errant ! Sèche tes larmes ! Va-t-en loin De la souffrance et des peines. Je te promets, Ami, Que je prends la route Et m'en retourne chez moi. Je te construirai Une jolie pièce, Aux murs de papier Au toit de plume Je te ferai sortir De ma poche. Je te trouverai un foyer Dans la cité "ARCHIVES". Sèche tes larmes Et quitte l'errance, Quitte-la, Quitte-la, Quitte-la ! Akif Hasan - 14-05-98 |