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Les Mères de la Paix d'Istanbul
Depuis quand existe votre association ? Nous sommes actives depuis trois ans, mais nous venons seulement de nous constituer en association légale, avec ce bureau central à Istanbul. Nous avons aussi d'autres bureaux dans le pays, dans des villes comme Batman, Diyarbakir (villes kurdes), etc., en tout sept bureaux importants. Nous avons aussi deux représentantes en Allemagne. Combien de membres comptez-vous ? A l'origine, nous étions 7 mères fondatrices. Aujourd'hui, nous avons un millier de membres. A Istanbul, nous sommes 150 participantes régulières, appelées pour des manifestations ponctuelles. Pour les grandes manifestations et les événements plus médiatisés, nous pouvons compter sur 3 ou 4 mille participantes. Quels sont vos objectifs ? Le refus de la guerre. A une écrasante majorité, nous sommes des mères de victimes kurdes. Des mères de soldats turcs morts à la guerre auraient voulu se joindre à nos actions, mais elles subissent trop de menaces et d'intimidations de la part de l'armée pour le faire. Par contre, des associations de femmes turques se joignent à nous lors des grands meetings et des actions importantes. Que vous inspirent les derniers événements politiques en Turquie, et notamment l'arrêt des combats ? C'est vrai qu'il n'y a plus de guerre, mais ce n'est pas pour autant que les problèmes sont réglés et nous militons pour que la politique de la Turquie change en matière de droits de l'homme. Et l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ? Nous ne voulons pas de cette entrée de la Turquie sans mesures préalables pour garantir les droits de l'homme. Nous voulons que l'Europe exige que la Turquie les respecte, ainsi que les droits des Kurdes. Nous voulons que l'Europe vienne voir ce qui se passe ici, réellement, et qu'elle contrôle les agissements de l'État. Quelle est la spécificité de l'engagement politique d'une femme kurde ? La femme kurde a toujours connu une situation sociale, économique et politique difficile, surtout ces dernières décennies, mais ce qui change aujourd'hui, c'est sa prise d'indépendance politique. Auparavant, une femme kurde suivait les opinions de son mari ou de son père, aujourd'hui elle a son propre parcours militant. Propos recueillis par l'OFK - Octobre 1999 |