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Kurdistan - Profil régional Étude économique du Kurdistan iraquien "A Franso Harriri et à tous les martyrs kurdes" - Khasro Pirbal - Finlande 2001 |
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L'économie du Kurdistan
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Le Kurdistan et la nation kurde : généralités
L'économie du Kurdistan La place du pétrole dans l'économie nationale La résolution SCR-986 des Nations Unies
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Par "Kurdistan iraquien" il faut comprendre la partie sud du Kurdistan rattachée à l'Iraq en vertu d'un accord entre la Grande-Bretagne et la Turquie qui nomment ainsi cette zone au nord de l'Iraq. Le Kurdistan iraquien comprend six gouvernorats : Arbil, Sulaimanya, Duhok, ainsi que des parties de Kirkouk, de la Dyala et de Ninive (Mossoul). A la suite de l'invasion du Koweït par l'Iraq, et de la seconde Guerre du Golfe, un soulèvement populaire dans le Kurdistan iraquien a éclaté en mars 1991 et réuni le Front du Kurdistan, une coalition de partis politiques : - le Parti Démocratique du Kurdistan - PDK - l'Union Patriotique du Kurdistan- UPK - le Parti Communiste Iraquien - PCI - le Parti Démocratique Populaire du Kurdistan - le Parti des Travailleurs du Kurdistan - PKK - le Parti Social du Kurdistan - le Mouvement Démocratique Assyrien Le Front du Kurdistan a pris le contrôle d'une large zone de la région et y a établi son autorité. En réponse, le gouvernement central d'Iraq a retiré de la région son administration et ses organes officiels, afin de créer un vide législatif et administratif dans l'espoir de perturber la situation administrative et de paralyser les institutions. Cet acte poussa le Front du Kurdistan à décider d'élections générales et à organiser un gouvernement administratif et des institutions qui pourraient remplir le vide créé par le retrait du gouvernement central de l'Iraq (CBSR, p. 24, 1999). Dix ans plus tard, et pour la première fois dans l'histoire du peuple kurde, après des élections générales et démocratiques dans toute la zone libérée du Kurdistan iraquien, les Kurdes ont établi un gouvernement national et élu un premier cabinet gouvernemental en 1992. Actuellement, le quatrième cabinet du Kurdistan d'Iraq fonctionne dans une situation politique et économique bien meilleure qu'en 1992 grâce à l'accumulation de différentes expériences.
La place du pétrole dans l'économie nationale Le pétrole joue un rôle significatif dans l'économie du Kurdistan, ce qui est le cas pour les principaux producteurs de pétrole du Moyen-Orient. Il revêt une grande importance dans l'économie mondiale en remplaçant progressivement le charbon comme combustible et en prenant une place non négligeable comme matériau brut dans l'industrie chimique (Ghassemlou, 1965, p. 198). Selon des documents historiques kurdes, le pétrole a été découvert au Kurdistan d'Iraq il y a 5.000 ans, à Kirkouk, Mossoul et Khanaqin (CBSR, Iraqi Kurdistan Oil, n° 31, p. 4). La France, l'Italie, les Pays-Bas et l'Allemagne ont été, dès le début, les principaux clients du Kurdistan d'Iraq (Sami Sheref, p. 2, 1972). La région recèle d'énormes ressources en énergies naturelles en général, et en pétrole en particulier. L'un des gisements les plus riches au monde, celui de Kirkouk-Baba Gourgour, est situé au Kurdistan et a été exploité pour la première fois en 1927. Ce gisement qui se place à la 5e place au niveau mondial est traversé par le Petit Zab. Il s'étend de Tarjil à Kirkouk, jusqu'aux environs de Debaga à Arbil (la capitale du Kurdistan iraquien). Il existe deux autres gisements non loin du premier : Jambour (1954) et Bay Hassan (1953). En général, ces triples gisements sont creusés à des profondeurs de 1.500 à 3.000 pieds. Il y a au total 44 puits qui produisent en moyenne chacun 35.000 barils par jour et la capacité de production de certains de ces puits atteint jusqu'à 100.000 barils par jour. Les gisements de pétrole du Kurdistan fournissent plus de la moitié de la production iraquienne qui atteignait 180 millions de tonnes en 1979, et dont les revenus pétroliers se sont élevés jusqu'à 26 billions de dollars pour l'année 1980 (CBSR, 1999, n° 33, p. 62-63) Les principaux gisements pétroliers au Kurdistan sont : 1.Kirkouk-Jaffa (Israël) : son exploitation a cessé depuis la guerre israélo-arabe de 1948. Son diamètre est de 30 pouces pour une longueur de 990 km. 2.Kirkouk-Tripoli (Liban) en Méditerranée : il est composé de trois pipelines de 850 km. 3.Kirkouk-Banyas (Syrie), en Méditerranée : sa longueur est de 888 km. 4.Kirkouk-Dortoul (Turquie), en Méditerranée : il se compose de deux pipelines d'un diamètre de 40 pouces pour une longueur est de 1.005 km chacun. Il y a également beaucoup de gisements de gaz naturel, surtout à Kirkouk, ainsi que de riches mines de charbon. L'exportation du pétrole au Kurdistan d'Iraq a commencé seulement en 1934. Les revenus du pétrole ne sont pas distribués aux régions kurdes et ne sont pas plus affectés à la construction du Kurdistan. Le gouvernement central d'Iraq, durant tout le 20ème siècle, a utilisé ces revenus pour acheter des armes et mettre en place des plans d'arabisation des villes kurdes, notamment de Kirkouk, Mossoul et Khanaqine. Cette situation a perduré jusqu'au soulèvement de 1991 et la création du Gouvernement Régional Kurde. Dix années d'auto administration ont vu différents plans et propositions pour l'avenir de la région kurde (KRG, Kurdistan reconstruction, p. 51-80, 2000). Les Kurdes en Iraq, et ce pour la première fois dans leur histoire, ont une administration nationale et un gouvernement qui a pour mission de reconstruire le pays et d'élaborer d'importants projets d'avenir. C'est aussi la première fois que des revenus provenant du pétrole kurde leur reviennent.
La commerce prend une part importante dans l'amélioration de l'économie et a donc ses effets propres sur les changements structurels. La progression de la vie économique, l'accroissement des besoins, la satisfaction également croissante de ces derniers, ont eu pour effet le développement de la technologie, et ont rendu le rôle du commerce plus complexe. Dans la région du Kurdistan, cette importance s'est accrue après le soulèvement de mars 1991 et les années suivantes, qui ont vu beaucoup de changements économiques, administratifs et politiques (Aziz. G, p. 163, 1999). Les biens de consommation ne peuvent être produits dans la zone en raison de l'embargo de l'ONU, et les secteurs commerciaux sont donc considérés comme des secteurs de pointe dans l'économie du Kurdistan. Depuis l'application de la résolution SRC-986, des compagnies du secteur privé et quelques sociétés étrangères participent aux échanges économiques du Kurdistan irakien, où les sociétés étrangères sont actuellement au nombre de 13 (Birayeti of 19-8-2001, n° 3464). Lors du dernier congrès du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) à Arbil, en 1999, le bureau politique a donné de l'importance aux marchés libres et au secteur privé, ainsi qu'au secteur bancaire. L'inauguration de la première banque centrale kurde a eu lieu à Arbil le 16 août 2001 : M. Nechirvan Barzani, premier ministre du Gouvernement Régional Kurde, a ouvert la cérémonie d'inauguration. Depuis 1991, les grands changements qui se sont produits ont induit une situation particulière de la vie économique et permis à l'administration de la région du Kurdistan d'Iraq de développer plusieurs activités commerciales avec le gouvernement central de Bagdad. Depuis la création de l'administration kurde, un gouvernement national kurde contrôle les frontières de la région. Pour la première fois, le peuple kurde d'Iraq a une autorité totale sur les affaires et les échanges commerciaux avec les régions voisines et les pays européens, malgré un double embargo : l'embargo international et celui du gouvernement central. De par cette situation, les relations commerciales avec les pays voisins ont pris de l'importance et sont la clé d'une administration réussie du Kurdistan d'Iraq (Khayat Kamal, Journal of the Centre of Strategic Studies n° 26, p. 53, 1999).
La résolution SCR-986 des Nations Unies En août 1990, le Conseil de Sécurité a adopté des résolutions imposant des sanctions étendues contre l'Iraq après la courte invasion du Koweït. Durant l'année 1991, les Nations Unies ont proposé des mesures pour permettre à l'Iraq de vendre des quantités limitées de pétrole afin de répondre aux besoins de la population. Le gouvernement d'Iraq a décliné ces offres, en particulier celles des résolutions 706 et 712 adoptées en août et septembre 1991 (UN. Oil-for-Food, 2001, p. 1). "Pétrole contre nourriture" est un programme unique établi par le Conseil comme mesure temporaire en vue de pallier les besoins humanitaires de la population d'Iraq. Elle est à replacer dans le contexte d'un régime de sanctions avec ses dimensions politiques, psychologies et commerciales. Cependant, le gouvernement central a cherché à saboter les aides humanitaires : la résolution SCR-986 a été proposée par l'ONU le 15 août 1991, ainsi que la résolution SCR-706, mais fut d'abord rejetée par le gouvernement iraquien, qui l'accepta finalement en 1996, après cinq années supplémentaires de souffrances pour le peuple iraquien (BANNA Siamand, p. 2, 2001). Le programme "Pétrole contre nourriture" affecte 13 % du pétrole au soutien des actions humanitaires dans la région. Celles-ci portent sur le secteur alimentaire et depuis 1997, ce pétrole peut-être échangé contre tous les autres produits des différents secteurs dont : nourriture, manutention, santé, carburant, électricité, eau, agriculture, éducation, télécommunication, transport, logement (UN Report SCR-986, p. 65, juin 1998). Le Kurdistan d'Iraq, ou le Gouvernement du Nord, selon les termes utilisés par les Nations Unies est mentionné dans la résolution SCR-986 section 5, article 20, in Memorandum of Understanding, 20 mai 1996 : "L'acquisition de fournitures humanitaires par les trois gouvernements du nord d'Arbil, Dohouk et Sulaïmanieh, pour subvenir au plan de distribution, se déroulera en accord avec l'annexe I" (UN SCR-986, p. 5). La distribution dans les trois gouvernorats du nord du Kurdistan d'Irak sera assumée par l'ONU et des ONG seront présentes avec les employés de l'ONU au Kurdistan d'Iraq (UN SCR-986, p. 2, 1997). Selon la résolution SCR-986, la région du Kurdistan région perçoit 13 % des revenus de l'Iraq pour la vie et la réhabilitation du Kurdistan, et le processus de reconstruction sous administration du gouvernement régional. Shafiq Qazzaz, ministre de l'Aide Humanitaire et de la Coopération du Kurdistan d'Iraq, confirme que "la résolution SCR-986 et le programme Pétrole contre Nourriture ont été importants pour le Kurdistan d'Iraq et ont bénéficié à notre région, et nous espérons que le programme continuera." (Qazzaz. Shafik, p. 2, 2001). L'ONU a pris en charge l'application du programme et la participation des Kurdes travaillant aussi bien pour ses bureaux que pour le GRK a apporté une contribution significative dans son succès. En plus des fonds substantiels alloués à la région en vertu de la résolution SCR-986, le GRK a utilisé ses ressources propres pour améliorer la vie de la population vivant dans la zone. En règle générale, la SCR-986 a joué un rôle majeur dans le processus de réhabilitation de l'économie disloquée et des villes et villages dévastés durant ces vingt dernières années. Le programme Pétrole contre Nourriture a permis à l'Iraq de vendre pour deux billions de dollars de pétrole sur une période de 180 jours. Le plafond des ventes de pétrole a été rehaussé en 1998 pour finalement être levé en 1999, permettant au programme de ne plus se concentrer uniquement sur la nourriture et la santé mais également de réparer les infrastructures essentielles, dont l'industrie pétrolière (UN Report, p. 3, 1998). La Phase n° 1 s'est déroulée du 10 décembre 1996 au 7 juin 1997. Le premier pétrole a été exporté le 15 décembre 1996 et les premiers contrats financés par la vente de pétrole ont été signés en janvier 1997. Au 30 juin 2001, la dixième phase était en cours, alors que la valeur du pétrole exporté par millions de dollars s'élevait à 711 $ le baril, au 27 juillet 2001 (Basic figure UN, p. 1, 2001-SCR-986). La phase n° 10 du programme, planifiée du 4 juillet au 30 novembre 2001, a prévu la vente de 96.3 millions de barils de pétrole et a généré 2.15 billions de $ (UNOI, UN Report, 18-24 août 2001). Ces 6 dernières années, beaucoup d'Européens ont visité le Kurdistan d'Iraq et ont pu constater le développement de la région et observer l'impact positif du programme de la résolution UN SCR-986 Pétrole contre Nourriture (Lords Ahmad, Kurdistan News n° 11, 2001). Ainsi, Carole O’Leary, chercheuse au Centre Universitaire Américain pour la Paix Globale, pense que l'argent de l'opération Pétrole contre Nourriture qui a été mal employé dans le reste de l'Iraq, a été bien utilisé au Kurdistan d'Iraq (Washington post, 15 juillet 2001). Le GRK a encouragé un système de marché, estimant que cela profiterait à la région. Depuis le début de l'application de la résolution 986 en 1996 et jusqu'à aujourd'hui, la part revenant au Kurdistan iraquien s'élève à 4.442.000.000 dollars répartis entre les zones d'Arbil et de Dohouk (KRG, reconstruction du Kurdistan, activités 2000, p. 51). Le secteur privé est maintenant activement engagé dans les projets lancés par la SCR-986, à la fois comme fournisseurs et entrepreneurs, ce qui a un effet positif sur l'économie locale (KRG, Kurdistan News n° 13, 2001, Kurdistan). L'importance du secteur privé a été discutée lors de la dernière conférence du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) qui s'est tenue du 6 au 14 octobre 2001. Actuellement, au Kurdistan d'Iraq, il y a 437 sociétés privées et 19 sociétés étrangères, dont turques, ont obtenu l'agrément officiel du gouvernement du Kurdistan iraquien. La résolution 986 a été un facteur essentiel de développement des activités en général et de l'activité du secteur privé en particulier. Le gouvernement kurde a donné 1.503 permissions d'importation en 2001 (Birayeti of 15-8-2001, n° 3461, Kurdistan).
Le fonctionnement de ce programme est un processus important où le GRK et plusieurs bureaux de l'ONU travaillent en totale coopération, et il y a actuellement 40 bureaux humanitaires et organisations qui travaillent dans la région (Kurdistan, CBSR n° 33, p. 79, 1998). Neuf ministres du Gouvernement Régional du Kurdistan travaillent en collaboration étroite avec neuf bureaux de l'ONU et ils gèrent ensemble le programme au Kurdistan d'Iraq. Le GRK a détaché dix mille fonctionnaires qui travaillent dans les domaines des entrepôts, télécommunications et services de sécurité des bureaux de l'ONU (Barwari, p. 5, 2001).
L'étude de la finance et du commerce international a toujours joué un rôle important dans les sciences économiques. Beaucoup des théories fondamentales de l'analyse de l'économie moderne, apparues déjà aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, débattent du commerce international et de la politique monétaire. Cependant, l'étude du commerce international n'a jamais été aussi importante qu'aujourd'hui. Les économies de différents pays sont continuellement en relation les unes avec les autres en raison du commerce international et des flux monétaires internationaux. Après 1991 et l'invasion iraquienne du Koweït, le Kurdistan est devenu la seule possibilité d'ouverture pour l'Iraq. La création du Gouvernement du Kurdistan Iraquien et l'application de la résolution SCR-986 permettent une stabilité économique et politique actuellement et dans le futur, ainsi que de nouvelles perspectives pour un développement économique. Le Kurdistan d'Irak peut devenir une zone libre pour la région toute entière et déjà plusieurs firmes turques ont entrepris de commercer non seulement à l'export, mais aussi en implantant des entreprises et des industries légères au Kurdistan d'Iraq. Les Iraniens et les groupes d'affaires des États du Golfe ont témoigné un intérêt équivalent. Le GRK, surtout après la résolution 986 de l'ONU (Pétrole contre Nourriture), a développé une activité commerciale permanente avec le gouvernement central iraquien, et les activités d'import-export ont connu une accélération importante. Le Kurdistan d'Iraq (et ses frontières avec l'Iran, la Syrie et la Turquie) est depuis 1996 le seul débouché pour le gouvernement central. Les activités d'import-export du Kurdistan d'Iraq sont réalisées via la ville Ibrahim Khalil sur la frontière kurdo-iraquienne. La région a importé l'équivalent de 1.607 millions de dinars iraquiens en 1998 (Aziz G, p. 126, Kurdistan, 1999). La situation économique de la population est meilleure depuis la SCR-986, l'instauration de la paix entre les différents partis politiques, notamment entre le PDK et l'UPK (Parti Démocratique du Kurdistan et Union Patriotique du Kurdistan) depuis 1996, et la création d'un nouveau cabinet ministériel. Statistiques d'import-export
Le Kurdistan d'Iraq exporte sa production pour compenser les importations. Les situations économique et sociale ont obligé le gouvernement et le secteur privé à importer davantage, et le développement économique de la région nécessite plus de matériel de bâtiments et de construction. La région a exporté 387.878 tonnes en 1998, principalement en produits agricoles. L'import-export est une activité vitale pour l'économique du Kurdistan iraquien et doit prendre une place significative dans les plans et l'orientation du gouvernement. En général, les produits exportés et importés transitent par les pays voisins, comme la République Islamique d'Iran, la Turquie et la Syrie, avant d'être acheminés vers d'autres destinations. Actuellement, 19 sociétés turques sont implantées au Kurdistan d'Iraq, et en général le gouvernement kurde est prêt à apporter son aide à toutes les sociétés européennes qui seraient intéressées et souhaiteraient faire des affaires avec le Kurdistan (Brayeti News paper, n° 3461, Kurdistan )
Les transports sont très développés au Kurdistan d'Iraq depuis 1997, et les villes les plus importantes sont : Arbil, Dohouk, Sulaïmanieh, Akre, Zakho, Koisinjaq. De nouvelles routes ont été inaugurées en 2000, et à présent la route principale commence à la frontière kurdo-turque près de la ville de Zakho et d'Ibrahim Khalil. L'accès au Kurdistan d'Iraq n'est malheureusement pas direct : il faut passer par la Turquie, la Syrie ou l'Iran. Les Européens peuvent aller en Turquie (Istanbul ou Ankara) et de là prendre un vol intérieur pour l'est de la Turquie qui jouxte la frontière du Kurdistan iraquien. Ils peuvent consulter les bureaux du Gouvernement Régional Kurde en Europe. Ceux-ci aident les sociétés européennes et leur personnel. Il est préférable, avant le voyage, de contacter les bureaux du GRK qui feront tous les préparatifs administratifs pour les sociétés (visas, voyages, informations... etc.). Les principaux centres d'affaires au Kurdistan d'Iraq sont situés à Arbil, Dohouk et Sulaïmanieh, et sont facilement accessibles. Le Transport Le Kurdistan est géographiquement et économiquement une région importante pour les pays voisins tels la Turquie, la Syrie, l'Iraq et l'Iran, mais également pour plusieurs pays européens. Le transit est très bon marché comparé à d'autres pays de la région (Ghafur. A, p. 437, Kurdistan, 2000). Le transport est devenu le troisième secteur du commerce extérieur depuis 1991. Pour le gouvernement central iraquien et aussi pour la région kurde, c'est un secteur vital, surtout en ce qui concerne les produits alimentaires, en raison de l'embargo international (UN report SCR-986, p. 33, 1998).
La plus grande part des revenus de la région provient des droits de douanes et de transit. En 1998, le gouvernement du Kurdistan d'Iraq a perçu 247 millions de dinars iraquiens de ce secteur (Aziz. G, p. 136, 1999). Depuis 1996, une grande partie de ces capitaux sont utilisés pour la reconstruction du Kurdistan d'Iraq.
Le Kurdistan d'Iraq connaît une transformation socio-économique et un développement économique importants. Après le soulèvement de 1991, la coalition des partis politiques kurdes a organisé des élections démocratiques et mis en place une administration kurde, et un premier cabinet gouvernemental. Ce processus a été validé par des délégations européennes et alliées. Ce fut une première dans l'histoire du peuple kurde. Les Kurdes ont un gouvernement national, un Parlement et d'autres administrations publiques. Malgré ces changements et le processus de reconstruction, certains obstacles bloquent des projets entrepris au Kurdistan d'Iraq. En étudiant l'histoire politique de la région durant plusieurs années, on constate que le gouvernement central d'Iraq a mené une politique de destruction et que plus de 4.500 villages ont été rayés de la carte. Cette situation s'est perpétrée jusqu'au soulèvement de 1991 (CBRS, p. 23, 1999). Depuis 1991, et surtout depuis la création du troisième cabinet ministériel, le gouvernement kurde a adopté un plan ambitieux et positif, mais comme les autres pays, le gouvernement du Kurdistan d'Iraq souffre de problèmes de nature politique et économique qui affectent le devenir de la région et son programme de reconstruction et de développement. Le problème politique La situation politique incertaine et l'instabilité de la région en général, et pour les Kurdes d'Iraq en particulier, sont des facteurs importants qui orientent l'organisation future de la vie socio-économique pour les citoyens kurdes. Actuellement, les Kurdes recherchent une solution politique au problème que pose l'Iraq. La région kurde doit bénéficier de garanties de la part de la communauté internationale et souhaite être protégée après les récents changements politiques du gouvernement central. Pour parler de "Kurdes" ou de "Kurdistan", il est nécessaire d'évoquer la question politique du Kurdistan. Les dangers politiques et l'attitude incertaine de la communauté internationale et des grandes puissances sont le problème majeur. La population de la région souhaite qu'en cas de levée des sanctions internationales sur l'Iraq, des garanties et un accord soient mis en place afin que l'expérience démocratique débutante de la population demeure viable et perdure (Qazza.S, 2001, p. 3, USA). Avec une politique stable et les levées des sanctions internationales sur l'Iraq, la région du Kurdistan verrait de nouvelles perspectives dans son développement socio-économique, et deviendrait une zone de liberté pour l'ensemble de l'Iraq. L'expérience démocratique du GRK pourrait être un modèle à suivre pour ce pays dans le futur. En ce qui concerne la protection politique, que la population kurde réclame de la part de la communauté internationale, elle ne serait pas utilisée contre le gouvernement iraquien, mais seulement en vue de protéger le Kurdistan dans son expérience de développement socio-économique. Le problème économique Les obstacles économiques sont une menace sérieuse pour la région du Kurdistan iraquien. La résolution SCR-986 a été utile et positive, les bénéfices pour la région ont été conséquents et avec 13 % prélevés sur le produit de la vente du pétrole iraquien, les Kurdes ont réussi à reconstruire leur pays et le Gouvernement Régional Kurde a pu développer rapidement l'agriculture, l'industrie, la reconstruction des bâtiments publiques, écoles, hôpitaux, et routes. Il doit encore reconstruire l'infrastructure du Kurdistan d'Iraq et maintenir ses liens internationaux, afin de multiplier ses relations et bénéficier d'une plus grande coopération dans le programme de ses infrastructures (Massoud Barzani, Kurdistan News, 2001, n° 12, Kurdistan). Il est clair que la résolution SCR-986 (Pétrole contre Nourriture) n'est pas une solution éternelle pour le Kurdistan d'Iraq, le point le plus important étant que le gouvernement kurde doit concevoir un plan d'économie nationale pour l'après résolution SCR-986. Le Kurdistan est une région agricole fertile, sa population est jeune et dynamique, capable de s'auto administrer, et une planification générale de l'économie du Kurdistan sera sa seule garantie. Le gouvernement kurde a réussi à reconstruire les infrastructures les plus importantes, et dans la perspective de l'après résolution SCR-986, il doit mettre en place stratégie satisfaisante pour gérer cette nouvelle période dans la région. |
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