Editorial juillet 2001


En réponse aux demandes de plus en plus nombreuses que nous recevons de routards désireux de visiter l'Est de la Turquie, et malgré les commentaires alarmistes, tant de certains sites officiels que de guides touristiques, nous pouvons rassurer les voyageurs : cette région n'est pas plus un coupe-gorge qu'un Kosovo bis.

Cependant, certaines zones sont encore actuellement sous état d'urgence, et il est préférable d'éviter les districts de Tunceli, Sirnak et Hakkari, ce qui n'empêche nullement le Kurdistan de Turquie d'être aujourd'hui tout à fait accessible au tourisme. Il serait donc dommage pour les routards qui le souhaitent de se priver d'un voyage dépaysant, de la gentillesse et du sens de l'hospitalité de ses habitants. 

Ne pouvant établir un itinéraire personnalisé à tous ceux qui nous en ont fait la demande, nous vous proposons un parcours de la Haute-Mésopotamie au travers de quelques villes-étapes incontournables.

Après le Nemrut Dag (dont tous les guides parlent), il ne faut pas hésiter à continuer vers Urfa (anciennement Edesse) qui, outre sa vieille citadelle, possède un des plus beaux parcs de la région, autour de la mosquée : des canaux, des petits ponts, des espaces ombragés, et un bassin avec des carpes apprivoisées qui sont vénérées en souvenir d'Abraham, dont le village natal, Harran, est à visiter non loin de la ville. Urfa est aussi une ville gastronomique avec des restaurants qui ne proposent pas moins de douze sortes de kebab (brochettes).


Après Urfa, il est possible de continuer sur Mardin, qui est une des plus belles villes de la région du Haut-Tigre, avec ses maisons sculptées de pierres blondes, étagées sur la montagne.

Mardin est une ville historiquement aussi chrétienne que musulmane et ses deux principaux monuments sont une mosquée datant du XI° siècle, ainsi qu'un monastère d'époque médiévale.

Pour ceux qui prévoient d'y séjourner plusieurs jours, on préfère vous prévenir : contrairement au reste de la région, la vie nocturne est extrêmement limitée et la plupart des commerces et des restaurants sont fermés à   19 h !


De Mardin, il faut remonter sur Diyarbakir, considérée comme la capitale des Kurdes.

Diyarbakir est une ville dont les origines remontent à la plus haute antiquité. Elle est remarquable par ses monuments de pierres noires, et sa célèbre muraille, dont les plus belles parties datent du XI° siècle, sculptée d'animaux mythiques et de frises calligraphiques.

Le district est encore placé sous état d'urgence, mais cette mesure concerne principalement les habitants et ne devrait pas poser de problèmes aux voyageurs qui ne prétendent pas faire un parcours politique.

Les remparts font le tour de la ville, sur six kilomètres, et dominent toute la plaine du Tigre. La Grande Mosquée (X° siècle) et le Caravansérail (XV° siècle) sont de beaux exemples de cette architecture kurde, très influencée par l'Arménie.

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Un peu plus à l'Est, il ne faut pas non plus manquer la ville et le site d'Hasankeyf, menacés d'être engloutis prochainement par la construction d'un barrage. Hasankeyf est à la fois une très belle capitale, avec les vestiges d'une citadelle qui forme presque une ville dans la ville, un des plus anciens villages troglodytes encore habités de Mésopotamie et un site magnifique, avec le Tigre se frayant un passage entre les montagnes, bordé de prairies et de vergers.

Cela dit, cette région présente l'inconvénient d'être extrêmement chaude durant l'été et pour ceux qui goûtent modérément la chaleur, il est conseillé de s'aventurer plus au nord, aux frontières de l'Arménie et du Kurdistan, où les températures sont plus basses. 


 

Les bords du lac de Van offrent ainsi beaucoup de lieux touristiques en même temps que de très beaux monuments, arméniens pour la plupart.

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Nous ne citerons que l'île d'Aktamar, avec sa vieille église entièrement sculptée d'animaux et de personnages, et la ville de Van, avec sa très haute citadelle.


Plus au nord, au pied du mont Ararat, un des plus beaux palais kurdes, celui d'Ishak Pacha, ainsi que la tombe du plus célèbre écrivain kurde, Ahmedê Khanî, se visitent à partir de la ville de Dogubeyazit.

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Quelques renseignements pratiques pour finir : toutes ces villes sont pourvues d'hôtels, dont les prix sont moins élevés que dans l'ouest de la Turquie. Demandez un hôtel "normal" et non "touristik", sinon vous serez conduits dans des établissements onéreux. Ne pas non plus demander un hôtel bon marché, le bon marché là-bas étant vraiment d'un "confort" très très rudimentaire. 

Les moyens de transport les plus économiques et les plus pratiques sont les cars et minibus (dolmus), qui sillonnent le pays. Toutes les compagnies sont regroupées dans les "otogar". Les vols intérieurs sont plus chers, mais peuvent être utiles si l'on veut aller directement d'Istanbul à Van, par exemple. Quant à la voiture personnelle, nous la déconseillons tant les conducteurs locaux sont fantasques et... intrépides.

Pour ce qui est de la nourriture, il est nécessaire, comme dans tous pays chauds, d'observer les précautions élémentaires d'hygiène. La cuisine servie dans les petits restaurants est généralement bonne et bon marché. 

Autre détail pratique, les pharmacies sont très bien pourvues si besoin est, et en cas de problème, il ne faut pas hésiter à s'adresser aux habitants qui sont extrêmement serviables et accueillants. 

Pour plus de renseignements sur les lieux à visiter ou le choix d'un hôtel ou d'un restaurant, les offices de tourisme sont présents dans la plupart des villes.

Sur ce, bonnes vacances et à la rentrée !

Sandrine Alexie & Roxane


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