Editorial août 2000


"La vérité est ailleurs..." - Agent Fox Mulder  


La campagne destinée à attirer l'attention sur la situation d'anciens militants du PKK (devenus opposants politiques) lancée par l'Initiative des Démocrates Kurdes en Europe a suscité de vives réactions de la part de la direction de ce parti, notamment en Europe. 

Ce site étant ouvert à TOUTES les tendances kurdes qui souhaitent s'exprimer DÉMOCRATIQUEMENT, il nous semble juste aujourd'hui de publier (en bref, hélas !) les explications qui ressortent notamment des différents communiqués que nous avons reçus à ce sujet du Conseil de Présidence et de la Représentation Européenne du PKK.

A la lumière de ces explications, les preuves que les opposants au PKK ont tort sont effectivement évidentes :

1/ "Toutes autres informations que celles diffusées par nos Forces de Défense du Peuple sont fausses."

Evidemment, où avions nous donc la tête ...?

2/ "Faire un lien entre ces sortes d'incidents et notre Président, qui est gardé dans de terribles conditions à Imrali(1), est non seulement complètement faux, mais aussi  moralement inacceptable." 

Il est immoral, en effet, de faire autant de peine à Öcalan : des gens qui manquent à ce point de cœur et de sensibilité ne peuvent que faire partie des "organes de propagande du complot international" contre les forces démocratiques kurdes.

3/ Tout le monde sait qu'un complot international est à l'œuvre contre le "mouvement national démocratique" du peuple kurde(2), et que le meilleur moyen de sauver "ce mouvement national démocratique" est de rejeter ces "liquidateurs" et ces "défaitistes"  hors des rangs des "démocrates kurdes" et de les combattre. 

En clair : tous ceux qui pourraient s'opposer à un mouvement aussi épris de démocratie ne méritent que d'être impitoyablement exclus et combattus. 

4/ "Et pire encore, beaucoup de ces informations fausses et infondées ont été faussement attribuées à notre Président à Imrali". 

Crime de lèse-Président, il a notamment été fait mention d'une conversation qu'aurait eue Öcalan avec ses avocats, dans laquelle il préconisait la peine capitale pour crimes de guerre contre ses opposants, conversation qui a été publiée dans le journal kurde Serxwebûn

A ceci, il n'y a qu'une explication possible, étant donné qu'Öcalan n'a en aucun cas pu commettre la moindre erreur, même de communication(3) : les gens qui auraient eu la malencontreuse idée de lire un journal aussi éloigné du PKK et aussi subversif contre la pensée politique d'Öcalan ne doivent pas s'étonner d'avoir été trompés par les manœuvres de l'Ennemi.

5/ Une liste de vingt-huit noms de prisonniers du PKK a été diffusée. A cela, la réponse fut claire et implacable : quatre d'entre eux (pourquoi seulement quatre ?), dans un entretien téléphonique diffusé par la chaîne on ne peut plus indépendante Medya-TV, ont nié être emprisonnés et en danger de mort. 

De toutes façons, s'il fallait des preuves supplémentaires, le PKK a trouvé la parade pour arrêter les "fausses affirmations" et prouver sa bonne foi : des délégations d'Européens sont invitées au Kurdistan d'Irak pour constater de visu que les "prisonniers" sont là de leur plein gré et pour entendre de leur bouche, en toute liberté et sans aucune pression, qu'ils restent par choix personnel. 

Comme d'habitude, et dans l'unique et louable souci de rendre service, le PKK d'Europe fournira bien évidemment gracieusement les traducteurs indispensables à la bonne compréhension entre Kurdes et Européens.

Il est à parier également que l'organe de presse indépendant qu'est Özgür Politika - bien connu pour sa totale objectivité - se fera comme à l'accoutumée le témoin impartial de ces éventuelles rencontres. 

A l'OFK, nous nous inclinerions volontiers devant des arguments aussi foudroyants qu'imparables, mais quelques esprits chagrins et tatillons dans nos rangs souhaiteraient un petit geste supplémentaire pour être tout à fait tranquillisés. 

Presque rien, en fait, mais qui nous ferait tellement plaisir et nous permettrait de croire que le PKK est enfin sur la voie de la démocratie qu'il demande aux autres de respecter : nous pourrions en effet nous faire un avis plus objectif, si Hamili Yildirim nous expliquait  son point de vue en personne, sans "observateur" et sans "traducteur" imposé.

Sandrine Alexie - Roxane

(1) Rien à voir avec la torture systématique que subissent les autres prisonniers en Turquie et qu'Il leur demandait de supporter quand Lui était libre "pour l'honneur du peuple kurde". La réponse préconisée alors par le PKK à la torture étant "Vive Apo" (réponse probablement destinée à éveiller la bienveillance des tortionnaires et les inciter à plus d'indulgence !) 

(2) PKK 

(3) cas totalement exclu : après vérification, aucun des commandements du Parti ne prévoit cette possibilité


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