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Éditorial novembre 2002 |
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"On est puceau de l'Horreur comme on l'est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d'entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? A présent, j'étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu... Ca venait des profondeurs et c'était arrivé. Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu'il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d'elles, il n'y avait donc l'ordre d'arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d'en haut qu'il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu'on s'était trompé ? Que c'était des manœuvres pour rire qu'on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! (...) Donc pas d'erreur ? Ce qu'on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n'était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu'on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C'était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux"... Céline, Voyage au bout de la nuit.Dans le désordre... Ras le bol de tous ces témoignages (trop dérangeants ?) que personne n'écoute, de ces menaces constantes que les Kurdes n'osent et ne peuvent généralement pas dénoncer publiquement, que ce soit en Turquie ou en Europe, de ces politiques qui sont pris entre le marteau et l'enclume, subissant des pressions aussi bien du côté turc que du côté PKK. Ras le bol que le PKK ait préféré changer de nom plutôt que de méthodes et puisse continuer en toute impunité à imposer la loi du silence. Ras le bol de ne pouvoir rassurer tous ces Kurdes qui nous demandent les larmes dans les yeux, si il n'y a aucune chance pour que leurs proches "mystérieusement" disparus dans les rangs du PKK/KADEK soient encore en vie (rappelons à ce sujet, qu'on ne leur a pas toujours demandé leur avis pour les enrôler, principalement pour les très jeunes). Ras le bol de devoir constater qu'aujourd'hui, un ex-PKK serait plus en sécurité dans une prison turque que dans certaines villes européennes. Qu'il vaudrait mieux pour n'importe quel dissident se livrer aux autorités pour avoir le droit à un procès et accès à un avocat, plutôt que de risquer une exécution sommaire à tous moments. Ras le bol des militants forcés du PKK qui sont obligés d'obéir et qui nous demandent de faire changer les choses (rien que ça !), ne sachant vers qui se tourner pour être écoutés sans être dénoncés, de ces jeunes qui veulent savoir s'ils ont le droit de penser autrement que ce que leur serinent les "gardiens de la cause" ! Ras le bol qu'il ne soit pas politiquement correct de dénoncer les trafics en tous genres sans être mis au banc des accusés par les "bien-pensants". Si le narcotrafic notamment a servi dans le passé à financer la guérilla, quelles justifications lui reste-t-il aujourd'hui que le PKK a "officiellement" déposé les armes ? Et le racket qui continue de sévir en Europe contre les Kurdes de la diaspora - qui ne peuvent prendre le risque de le dénoncer sans subir de représailles allant jusqu'au meurtre - on lui donne quoi comme excuse ? Ras le bol qu'il ne reste aux dissidents en Europe que le choix de se faire protéger par la mafia : illusoire, ce sont les mêmes ! Ras le bol des menaces en tous genres qui pèsent sur les membres et les proches de l'OFK (en Europe et en Turquie), alors que le PKK, pourtant sur la liste des organisations terroristes de l'UE, continue à y avoir pignon sur rue. Ras le bol que le PKK intervienne dans les relations privées de ses militants (quelque soit le degré), de ses "sympathisants" forcés, et de ceux qui ne lui ont absolument rien demandé d'ailleurs. Ras le bol que l'on tente de nous faire taire, que le moindre de nos contacts soit aussitôt menacé, remis dans le "droit chemin", s'il commet l'imprudence de prétendre nous connaître, d'être obligé de se planquer pour rencontrer des amis sous peine de leur faire prendre des risques. Ras le bol que le PKK préfère hurler au respect des droits de l'homme plutôt que de se sentir lui-même concerné par leur application, et qu'il se comporte au mépris des droits fondamentaux qu'il invoque constamment quand il s'agit d'Öcalan. Ras le bol de ceux qui le soutiennent par intérêt, lâcheté, ignorance, ou par simple stupidité. Ras le bol de constater que la situation politique s'améliore dans le Sud-Est de la Turquie (pas la situation économique, malheureusement), mais qu'en contre-partie, les Kurdes doivent faire face à une montée du totalitarisme orchestrée par ceux qui prétendent les défendre, planqués dans les pays voisins ou en Europe. Ras le bol que le Sud-Est de la Turquie crève de faim, mais qu'il soit plus important de dénoncer les "dramatiques" conditions d'incarcération d'Öcalan qui, le pauvre, n'a pas la télévision (le comble, c'est vrai, quand on avait à disposition sa propre chaîne pour débiter des heures et des heures de propagande), pendant que des centaines de prisonniers n'ont accès à aucun traitement médical, même en étant atteints de maladies au stade terminal. Ras le bol de voir que dans les bidonvilles, la situation est tellement catastrophique que la population est prête à suivre aveuglément n'importe quel charlatan charismatique. Que des mères sans soutien et sans espoirs d'avenir apprennent à leurs gosses à dire Apo, avant de leur apprendre à dire maman. Que le premier geste que certaines leur enseignent soit le V de la victoire ! Quelle victoire ?!? Ras le bol du lobby pro-PKK, des "spécialistes" auto-proclamés de la question kurde, des journalistes qui avouent ne rien y connaître, mais qui ont "un papier à rendre ce soir", de ceux qui trouvent préférable pour leur carrière de ne pas contrer le système... Marre que la confusion entre "être" et "paraître" fonctionne même chez ceux qui ont pourtant reçu une éducation amplement suffisante pour réfléchir un minimum. Ras le bol des éternelles délégations, pilotées par le PKK, qui ne parlant pas un mot de kurde ou de turc prennent pour argent comptant les "traductions" du parti et les diffusent comme étant la Vérité Absolue. Idem pour celles qui vont sur place pour se faire cirer les pompes (elles brillent, normal, la meilleure méthode pour cela étant de leur cracher dessus...). Ras le bol des égéries de tous poils, et autres inventions bien françaises que le milieu politico-associatif nous présente comme modèles de la cause kurde, à grand renfort de déclarations médiatiques qui ne sont destinées qu'à assurer leur propre pub : il faudrait les prévenir en Turquie ; eux, en règle générale, prétendent que tout le monde s'en fout sur place (en règle particulière, ça aurait même plutôt tendance à les énerver grave). Ras le bol qu'on tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes : on a l'électricité, ça va, merci ! Ras le bol des pseudos défenseurs des droits de l'homme qui se servent des Kurdes pour montrer leurs prétendue générosité et leur bonté d'âme, mais dont la "grandeur" d'esprit est manipulée par des Kurdes "au dessus de tout soupçon" (le costard-cravate, il n'y a que ça de vrai). Ras le bol que même l'AFP participe à la désinformation ambiante en prétendant par exemple que : "Le petit parti DEHAP a pu croire à une percée lorsque le principal mouvement pro-kurde, le HADEP (Parti populaire de la démocratie) s'est auto-dissous et a rallié le DEHAP" (AFP 05/11/2002) ! En fait, "DEHAP" c'est l'étiquette sous laquelle se sont présentés QUATRE partis (HADEP, DEHAP, EMEP, SDP), le HADEP n'est pas le "Parti populaire de la démocratie" mais le "Parti de la Démocratie du Peuple" et il ne s'est pas auto-dissout : il attend toujours que la Cour Constitutionnelle décide ou non de sa fermeture (dossier qui revient régulièrement et prioritairement bientôt, depuis des mois). Ras le bol que ce genre "d'informations" (pêchées on ne sait où) fasse le jeu de ceux qui tentent de faire croire qu'il n'y a qu'un seul parti pro-kurde en Turquie et que la fermeture du HADEP arrangerait. Ras le bol de ne pouvoir répondre aux Kurdes d'Irak ou ceux du Dersim (entre autres) quand ils nous disent "Pourquoi le PKK est si bien vu chez vous ? Si tu savais le mal qu'ils nous ont fait..." Ras le bol que l'arbitraire et le totalitarisme soient cautionnés par ceux qui s'en croient protégés. Ras le bol des incessantes manœuvres et autres tentatives débiles du PKK/KADEK, et de celles de ses petits copains (qui pensent probablement qu'on ne les a pas repérés ou qu'ils sont intouchables), destinées à nous soudoyer, nous menacer ou nous compromettre. Ras le bol de cette hypocrisie ambiante qui cautionne le système au détriment de la majorité des Kurdes, mais qui visiblement arrange les "bonnes consciences"... et probablement aussi pas mal d'intérêts.
Ouf, à part ça, il y a quand même des trucs positifs : . visiblement on dérange : donc, l'info commence à passer malgré tout ; . on ne doit pas être les seuls étant donné le nombre de sites que propose Google pour une simple recherche par mot-clé (et encore, juste en français) ; . la fréquentation du site est en progression constante : plus de 15.000 pages visitées en octobre ; . le PKK, en perte de vitesse, va peut-être finir par se souvenir de ce que sont les valeurs kurdes, et dans la foulée, arriver à se rendre compte qu'il n'est pas "le peuple kurde" et qu'au surplus, représenter n'est pas imposer (on sait, on n'est rien que d'incorrigibles utopistes) ; . le PKK/KADEK subit lui-même des manipulations et des pressions : elles peuvent toujours changer de camp ; . les premières déclarations de l'AKP (pour lequel ont d'ailleurs voté pas mal de Kurdes) sont encourageantes ; Si il
continue comme ça, on va devoir se convertir ! Modérément, bien sûr... comme
on va modérément faire bon accueil au beaujolais nouveau, promis
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