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Le 19 mai dernier, un groupe d'une soixantaine de membres du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) s'est opposé à la ligne politique du parti, considérant l'attitude d'Öcalan à Imrali comme dictatoriale, notamment envers son organisation. Vingt-huit d'entre eux ont été arrêtés par les partisans d'Öcalan et emprisonnés et vingt-six autres personnes ont dû s'échapper pour trouver refuge au Kurdistan d'Irak. Un entretien entre Öcalan et ses avocats a été publié à ce sujet par le journal kurde Serxwebûn : "Öcalan considère les actes de ses anciens partisans comme des actes de banditisme. Dans une situation de guerre, les lois de la guerre doivent être mises en oeuvre, leurs crimes sont graves et la plus lourde peine doit être appliquée. Et en ce qui concerne Nasir (un des plus importants ex-commandants du PKK, emprisonné par le PKK et résolu à poursuivre une grève de la faim jusqu'à la mort), il a déclaré : "Ce personnage doit être réduit au silence, sinon il va beaucoup nous nuire." Öcalan, lui-même condamné à mort par la justice turque, et bénéficiant d'une campagne internationale pour lui éviter la peine capitale, condamne lui-même très facilement ses opposants. L'Initiative des Démocrates Kurdes en Europe (dont d'anciens membres du PKK qui ont eux-aussi abandonné ce parti par réaction à la politique d'Öcalan) se déclare très soucieuse du sort des personnes condamnées. Elle demande aux organisations démocratiques internationales de faire pression pour les sauver et a lancé un appel à l'opinion publique européenne : "Depuis plus d'un an, sous l'impulsion de la communauté kurde en Europe, la communauté internationale s'est mobilisée pour que la peine capitale prononcée à l'encontre d'Abdullah Öcalan par les tribunaux turcs ne soit pas appliquée et que cette peine inhumaine et d'un autre âge soit abrogée comme dans les autres démocraties européennes. Nous pouvons dire aujourd'hui que nos efforts ont été récompensés puisque les autorités turques se gardent bien d'exécuter Öcalan qui est devenu le symbole de la lutte des Kurdes sur le plan international. Mais, le droit de vivre qu'Öcalan a revendiqué pour lui-même, au prix de concessions historiques, il ne semble pas l'accorder aux autres et il continue d'ordonner l'exécution de ses opposants. Les plus de 500 cadres ou militants du PKK exécutés sur les ordres d'Öcalan parce qu'ils ne pensaient pas comme lui ou parce qu'Öcalan se méfiait d'eux ne semblent pas être suffisants. En effet, dans un article d'Öcalan publié dans Serxwebun du mois de juin, celui-ci demande que "le règlement militaire soit appliqué à l'encontre de tous ceux qui refuseraient d'assimiler l'esprit de la nouvelle période". Cet ordre, transmis avec l'autorisation des militaires turcs qui contrôlent la prison d'Imrali vise Faruk Bozkurt, membre du Comité Central du PKK depuis plus de dix ans, et plusieurs dizaines d'autres cadres de l'organisation qui sont depuis plusieurs mois emprisonnés dans des cavernes dans le Nord-Irak par le PKK. Selon les informations qui nous sont parvenues, Faruk Bozkurt est en grève de la faim depuis 45 jours. Dans la suite du texte, Öcalan explique combien le gouvernement kurde du nord de l'Irak et surtout les partisans de Talabani (UPK : Union Patriotique du Kurdistan) sont dangereux pour la Turquie et demande au PKK de mobiliser ses forces pour se créer une zone dans le nord de l'Irak en y installant un parlement et un gouvernement. Alors, on se demande sérieusement en quoi consiste la démocratie et la paix dont Öcalan et ses partisans ne cessent de parler ? Ne serait-ce pas le droit pour les autorités turques de vivre dans la paix en faisant exécuter leurs opposants politiques par les disciples d'Öcalan ? Nous estimons qu'il est du devoir de tous les démocrates européens d'intervenir pour sauver la vie de Faruk Bozkurt et de ses amis". Initiative des Démocrates Kurdes en Europe - 7 juillet 2000 Prisonniers du PKK en Irak :
Opposants au PKK ayant fui en Irak :
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