Dans le but d'ouvrir un espace
libéral et démocratique, la revue pro-kurde Serbestî paraît depuis
plus d'un an. Dès son premier numéro, Serbestî annonçait
vouloir contribuer à la résolution de la question kurde dans un
cadre légitimement acceptable. Mais si le gouvernement turc se
plaint que "les Kurdes ont recours à la violence", le même
gouvernement maintient sa pression sur les milieux kurdes qui plaident
pour une solution démocratique à la question kurde en essayant de
développer des résolutions sur ces bases.
La conséquence des agissements illégaux
de l'Etat est que sur les six numéros de Serbestî qui ont déjà été
publiés, le deuxième numéro et le sixième ont été saisis. Le
procès devant la Cour de Sûreté de l'Etat d'Istanbul qui avait été
intenté à la sortie du deuxième numéro pour violation de la Loi
Anti-terreur,
a été suspendu en raison de l'amnistie des "crimes de la
presse" après que la candidature de la Turquie ait été acceptée
par l'Union Européenne, amnistie qui prévoyait que les poursuites
pourraient être réengagées en cas de récidive (NDLR : la saisie
officielle du 6e numéro est datée du 07/02/2000).
Malgré ses assurances que si sa candidature était acceptée par l'Union
Européenne, la liberté de penser cesserait d'être un crime et que
toutes les lois la réprimant seraient abolies, le gouvernement turc,
en saisissant la revue kurde Serbestî, a démontré qu'il n'avait pas l'intention
de faire un pas vers la démocratie.
Nous refusons cet acte illégal
dirigé contre Serbestî et appelons tous les cercles démocratiques
et les défenseurs des droits de l'homme qui souhaitent une solution
à la question kurde sur des bases démocratiques, à s'opposer à des
agissements aussi iniques.
Et à cette occasion, nous dénonçons
les gouvernements occidentaux qui désapprouvent les agissements illégaux
en Bosnie, au Kosovo, en Tchétchènie et à Chypres et qui non
contents de rester sourds aux cris des Kurdes contribuent activement
à leur répression en fournissant des armes à l'armée turque.
Ahmet Zeki Okçuoglu
Editeur en Chef (Serbestî) - février 2000
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