Dépêches

30/12/2002 - Diviser pour mieux ne pas balkaniser

Le secrétaire d'État américain Colin Powell a répété dimanche à la télévision américaine qu'une guerre contre l'Irak n'était pas inévitable (...) Les États-Unis et leurs alliés gagneraient cependant la guerre sans contestation si celle-ci devait éclater, a-t-il ajouté.

Il a également déclaré que les États-Unis s'engagent à éviter toute "balkanisation" de l'Irak en cas d'intervention. Le pays de Saddam Hussein pourrait cependant être divisé en trois mini-états, basés sur les populations sunnites, chiites et kurdes, si l'administration américaine en prenait le contrôle, a précisé Colin Powell... (source : AP).

20/12/2002 - Véto présidentiel

Un bras de fer opposait vendredi le nouveau gouvernement turc au président qui vient de mettre son veto à une réforme constitutionnelle visant à permettre au dirigeant du parti au pouvoir d'échapper à sa condition d'inéligibilité et de devenir Premier ministre. La querelle, qui en dernier ressort pourrait conduire à un référendum, complique les efforts de Recep Tayyip Erdogan, 48 ans, le dirigeant du parti de la Justice et du Développement (AKP), pour s'imposer à la tête du pays.

Déclaré inéligible aux élections anticipées du 3 novembre, en raison d'une condamnation pour "incitation à la haine religieuse", M. Erdogan, un ancien islamiste qui se veut aujourd'hui conservateur modéré, n'a pu entrer au parlement et ne peut donc diriger le gouvernement. Il demeure toutefois, aux yeux de l'opinion publique, le dirigeant de facto du pays, son bras droit, Abdullah Gul, étant considéré comme Premier ministre à titre temporaire.

Le parlement avait adopté, il y a une semaine, trois amendements à la constitution pour permettre à M. Erdogan de se présenter à la députation, à l'occasion d'une élection partielle — fin février ou au début mars — à Siirt, dans le sud-est du pays. Le président Ahmet Necdet Sezer, un ancien président de la Cour constitutionnelle, y a opposé son veto, expliquant que ces changements à la loi n'avaient que des buts "subjectifs, concrets et personnels". "Le président Sezer estime que ces amendements ont un objectif précis qui n'est pas juridique, mais politique", relevait vendredi le quotidien Zaman.

Le gouvernement, résolu à en découdre, entend faire adopter à nouveau les articles, dans les mêmes termes, obligeant le président, soit à en référer à la Cour constitutionnelle, soit à convoquer un référendum pour décider de la question, a-t-on appris vendredi de sources parlementaires. Les amendements, adoptés avec le soutien d'une bonne partie de l'opposition, annulent notamment l'inéligibilité prononcée à l'encontre de personnes condamnées pour "actions idéologiques ou anarchiques".

Le gouvernement, pour renforcer encore sa position, a également soumis, dès jeudi soir au parlement, un nouvel amendement à une loi d'amnistie, adoptée en 2000. Celui-ci prévoit d'apurer le casier judiciaire d'une personne condamnée pour des crimes concernant la liberté d'expression, y compris pour sédition, une fois la sentence effectuée et si son auteur ne s'est pas rendu coupable d'un crime similaire entre-temps.

Même si le gouvernement remporte le bras de fer juridico-politique engagé avec le président, M. Erdogan pourrait voir s'échapper, faute de temps, l'occasion de se présenter à l'élection partielle à Siirt, ce qui retarderait une fois encore son entrée au parlement, selon les observateurs (source : www.tf1.fr).

19/12/2002 - Les mines continuent à tuer

Après 20 ans de conflits, un nouveau problème se pose dans le Sud-Est de la Turquie déjà en but à la pauvreté et dans une situation économique critique : les mines continuent à tuer.

Selon un rapport de l'Association des Droits de l'homme de Diyarbakir (IHD), beaucoup de civils (y compris des enfants) et de soldats ont perdu la vie en marchant sur ces mines, et beaucoup ont été blessés et restent handicapés. En 1999, 53 personnes sont décédées et 74 personnes ont été blessées. "Les mines ont continué à tuer en 2000 et 2001 également. Cinq personnes, dont un enfant, ont été tuées en 2000, et 10 personnes ont été blessées. Ces chiffres sont passés respectivement à 9 et 32 en 2001. Au cours des neuf premiers mois de 2002, 15 personnes ont été tuées et 39 blessées."

A Diyarbakir, le Président de l'IHD, Selahattin Demirtas, a déclaré au Turkish Daily News que les mines et les balles non désamorcées étaient un des problèmes les plus sérieux dans la région. "(...) Il y a au moins un accident déclaré par mois, les mines étant le problème le plus sérieux après une guerre dans n'importe quelle partie du monde. Nous estimons le nombre de mines dans le Sud-Est de la Turquie à un million."

Demirtas a ajouté qu'il n'y avait pas d'étude scientifique dans la région pour enrayer le problème, et que la population rurale n'était pas consciente du danger. "Je pense que les autorités militaires n'ont aucune carte appropriée pour localiser les mines. En outre, le PKK en a également posé dans la région et rien n'est fait pour définir où elles sont."

"Avec le projet 'Retour au village', les secteurs ruraux se sont un peu animés, et c'est pourquoi nous constatons plus d'accidents" a expliqué Demirtas. Il a ajouté que "la seule chose à faire pour les enrayer, c'est que les militaires, les organisations non gouvernementales et les autorités civiles créent une commission pour gérer le déminage et établir une carte pour la région..."

A Tunceli, trois enfants qui ramassaient des bombes encore actives et des balles pour les vendre aux ferrailleurs ont été tués et deux autres ont été blessés ces deux derniers mois (source : Turkish Daily News).

19/12/2002 - Légalisation de la diffusion d'émissions en kurde...

Le projet de loi de radiodiffusion en langues et dialectes (autres que le turc) parlés par les citoyens dans leur vie quotidienne est entré en vigueur et a été publié au journal officiel. 

Conformément aux nouveaux règlements récemment rédigés par RTUK (Conseil Suprême de la Radio et de la Télévision), la radio et la télévision d'État pourront diffuser de la musique et des programmes culturels en langues régionales (kurdes et autres). Cependant, les émissions privées sont toujours interdites et les nouvelles dispositions stipulent que les émissions radiophoniques en langues régionales n'excèderont pas 45 minutes par jour ou un total de quatre heures par semaine. Les émissions de télévision en kurde seront limitées à 30 minutes par jour et à un total de deux heures par semaine et seront sous-titrées en turc (source : Turkish Daily News).

17/12/2002 - UE : la Turquie sera prête en octobre 2003...

Le Premier ministre turc Abdullah Gul a affirmé qu'Ankara adopterait d'ici octobre prochain des réformes économiques et en matière de droits de l'Homme qui sont essentielles pour que la Turquie puisse rejoindre l'Union européenne.

En octobre 2003, la Commission européenne doit préparer un rapport évaluant les efforts de la Turquie pour satisfaire aux critères d'adhésion. "Nous aurons tout fini et serons prêts en octobre 2003", souligne M. Gul, cité mardi par le quotidien "Milliyet". "L'UE ne pourra pas faire une seule objection dans le rapport sur les progrès de la Turquie."

Lors du sommet de Copenhague, la semaine dernière au Danemark, les dirigeants de l'UE ont annoncé que la Turquie pourrait ouvrir des négociations d'adhésion "sans délai" après décembre 2004, si elle remplit les conditions requises.

Lors de son premier discours au Parlement depuis le conseil européen, M. Gul a souligné mardi que les réformes devaient être adoptées pour le peuple turc et pas seulement pour entrer dans l'UE. "Notre peuple ne mérite-t-il pas plus de liberté, de démocratie et de droits, que nous rejoignions l'UE ou pas?", a-t-il déclaré.

Le chef de l'opposition, Deniz Baykal, a promis de soutenir M. Gul pour le chantier des réformes. "Nous soutiendrons l'action du gouvernement pour l'adoption des réformes", a-t-il souligné (source : AP).

15/12/2002 - Les opposants de Saddam à Londres adoptent une déclaration

Les opposants irakiens réunis ce week-end à Londres ont arrêté dimanche un programme politique prévoyant la mise en place d'un État fédéral et tolérant en cas de renversement du président Saddam Hussein.

A l'issue de deux jours de discussions, quelque 330 délégués représentant six groupes d'opposition reconnus par les États-Unis ont adopté une déclaration finale sur l'"après-Saddam".

Le document, dont Reuters a pu prendre connaissance mais qui ne devrait pas être rendu public avant dimanche soir ou lundi, rejette tout protectorat ou occupation de l'Irak en cas de renversement de Saddam. Il affirme que le nouveau régime irakien devra être une démocratie fédérale et que l'islam devra rester la religion d'Etat.

Cependant, les délégués continuaient de discuter dimanche soir de la composition du comité de direction de 40 à 45 membres qui pourrait servir de gouvernement provisoire.

La déclaration affirme par ailleurs que l'Irak doit être autorisé à produire autant de pétrole que le permet sa capacité. 

Les dizaines de milliers de Kurdes chassés de chez eux sous le régime de Saddam Hussein devront être autorisés à regagner leur ville ou leur village d'origine et les Kurdes attaqués par ce régime devront pouvoir obtenir une indemnisation. 

La déclaration reconnaît aussi que les Chiites, qui sont majoritaires en Irak, ont souffert d'une discrimination officielle qui les a exclus du système politique et social.

Les délégués débattaient depuis samedi dans un luxueux hôtel londonien à l'invitation d'un comité représentant six factions de l'opposition reconnues par les Etats-Unis (source : Reuters).

13/12/2002 - Négociations "sans délai" avec la Turquie en 2004

Les Quinze ont amélioré leur offre à la Turquie en s'engageant, à l'issue du sommet de Copenhague, à entamer "sans délai" des négociations d'adhésion avec ce pays à partir de décembre 2004 une fois réussi son "examen de passage" démocratique.

Cette précision ajoutée aux conclusions du Conseil européen constitue une garantie supplémentaire pour Ankara, qui s'est résignée à l'échéance de décembre 2004, alors qu'elle réclamait le lancement du processus fin 2003 ou début 2004.

"Les conclusions sur la Turquie ont été améliorées. Nous avons ajouté l'expression 'sans délai' pour l'ouverture des négociations d'adhésion", a déclaré un diplomate à Reuters. Un pays candidat doit normalement attendre jusqu'à six mois après l'évaluation de son dossier pour engager des négociations.

Recep Tayyip Erdogan, chef du Parti musulman turc de la Justice et du Développement (AKP), a salué vendredi soir "un succès" pour la Turquie, concluant sur une note triomphante une gamme contrastée de réactions, de l'hostilité colérique à la déception. "En dépit de tout, les incertitudes ont été levées et je pense que la Turquie a atteint un cap qui est un succès", a-t-il dit à des journalistes, à Copenhague.

"L'ajout (de l'expression 'sans délai') est un progrès important pour la Turquie. Cela a été inséré dans la déclaration finale et cela constitue pour nous un soulagement", a-t-il ajouté.

La Turquie a promis de "faire le maximum" pour honorer le rendez-vous de décembre 2004, date à laquelle les Quinze établiront le bilan de ses progrès en matière de respect des droits de l'homme. "Nous allons poursuivre nos efforts. Le processus d'harmonisation vers le respect des critères de Copenhague que nous avons engagé se poursuivra", a affirmé Recep Tayyip Erdogan (source : Reuters).

13/12/2002 - UE : rendez-vous en 2004

Les Européens se sont mis d'accord tôt vendredi sur un rendez-vous en décembre 2004 pour évaluer les progrès d'Ankara dans la perspective de son adhésion à l'Union européenne.

Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, n'a pas donné de date pour l'ouverture effective des négociations d'adhésion de la Turquie. Il a simplement souhaité qu'elles débutent "dès que possible". 

"Si le conseil européen en décembre 2004, sur la base du rapport et des recommandations de la Commission, décide que la Turquie remplit les critères politiques de Copenhague, l'UE ouvrira des négociations d'adhésion avec la Turquie", a déclaré M. Rasmussen devant la presse à l'issue du dîner de travail des Quinze.

Fixés en 1993 pour l'ensemble des pays candidats, les critères de Copenhague définissent des normes minimales en matière d'État de droit, d'économie de marché et de respect de l'acquis communautaire. Le respect des critères politiques est une condition préalable à l'ouverture des négociations.

"Nous collons aux principes", a ajouté M. Rasmussen. "La Turquie ne pourra obtenir une date pour le début des négociations d'adhésion que si elle remplit les critères politiques." Il s'agit d'un message "fort et positif", a estimé le Premier ministre danois, en saluant la "détermination" du nouveau gouvernement islamiste modéré turc à mener à bien les "réformes fondamentales" nécessaires.

Le Premier ministre danois a précisé que son ministre des Affaires étrangères avait informé le gouvernement turc de la décision des Quinze. La Turquie réclamait une ouverture des négociations dès 2003.

La décision annoncée par les Quinze vendredi matin se rapproche de la proposition franco-allemande, qui avait convaincu une majorité d'États-membres de l'UE cette semaine.

Le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder ont proposé un "rendez-vous" à la Turquie fin 2004 pour voir si elle respecte les critères politiques exigés par l'UE, notamment en matière de droits de l'Homme. Conformément au plan franco-allemand, les négociations pourraient ensuite commencer en juillet 2005.

En revanche, l'Italie, l'Espagne, la Grèce ou la Grande-Bretagne, qui souhaitaient rapprocher la date d'ouverture des négociations, n'ont pas obtenu gain de cause. Les États-Unis avaient également exercé ces derniers jours de fortes pressions sur les Européens afin qu'ils donnent une date à la Turquie (source : AP).

06/12/2002 - Union européenne

La Turquie rejette les propositions visant à ouvrir, sous conditions, des négociations pour son adhésion à l'UE en 2005, car elle craint qu'en ratant le train du prochain élargissement, elle ne fasse les frais des difficultés que rencontrera l'UE pour intégrer ses nouveaux membres.

A moins d'une semaine du sommet européen de Copenhague, la Turquie réclame donc avec de plus en plus d'insistance une date - ferme, définitive et prochaine - pour l'ouverture de négociations, estimant qu'une fois ce cap passé son adhésion future sera acquise.

Réagissant aux dernières propositions franco-allemandes d'un rendez-vous en décembre 2004 destiné à examiner les progrès turcs en matière de démocratie et d'économie de marché, suivi d'une possible ouverture de négociations six mois plus tard, le dirigeant du parti au pouvoir en Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé: "C'est inacceptable".

"Nous ne considérons pas ces dates comme positives. Et nous allons informer la présidence en exercice et les Premiers ministres d'autres pays que nous ne voyons pas cela comme positif", a-t-il déclaré vendredi à des journalistes. "Nous allons leur demander que l'UE ne fixe pas une date pour la Turquie au-delà de 2003 (...). Il s'agit d'un test pour l'Europe et la Turquie ne peut être un faubourg de l'UE", a-t-il estimé.

En fin de journée vendredi, la Belgique a indiqué qu'elle allait proposer à ses partenaires de l'UE d'ouvrir dès 2004 des négociations avec la Turquie. "La position franco-allemande est positive, mais nous aimerions exprimer un point de vue encore plus volontariste", a précisé le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, après une rencontre à Bruxelles avec son homologue turc Yasar Yakis.

Le parti de la Justice et du développement (AKP), qui a remporté les élections début novembre, a misé tout son prestige sur l'obtention d'une date ferme à Copenhague et déclare compter sur le soutien européen pour accélérer le train de réformes démocratiques, quitte à forcer la main de l'appareil militaire peu enclin aux changements.

Le nouveau gouvernement se propose de soumettre de nouvelles réformes au parlement dans les jours prochains (source : AFP).

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