Dépêches

30/11/2002 - FI-NI !

L'état d'urgence à Diyarbakir et Sirnak est officiellement levé, ce qui met fin à cette mesure en vigueur depuis 15 ans dans le Sud-Est et qui touchait encore ces deux dernières provinces. 

30/11/2002 - Écoles primaires

Le ministre de l'Éducation nationale, Erkan Mumcu, prévoit des réformes dans le système scolaire. Il a annoncé que les écoliers du primaire n'auront plus l'obligation de porter des uniformes (source : Milliyet/Turkish Daily News).

Cette initiative devrait favoriser la scolarisation des jeunes dans les familles les plus défavorisées. En effet, certaines ne pouvant se procurer l'uniforme obligatoire, n'ont pas toujours la possibilité d'envoyer leurs enfants à l'école.

29/11/2002 - Irak

Les Kurdes irakiens ne participeront à une offensive militaire contre le régime de Saddam Hussein qu'à condition d'avoir une place dans le projet américain du futur Irak d'après-guerre, ont annoncé des hauts dirigeants kurdes.

"Avant de nous impliquer dans toute action militaire, nous devons en connaître l'objectif", a déclaré Massoud Barzani, président du PDK. Il a ajouté que les Kurdes souhaitaient être partenaires de la restructuration de la société irakienne après la destitution de Saddam Hussein.

Massoud Barzani et Jalal Talabani, secrétaire général de l'UPK, ont exprimé des réserves sur la possibilité pour les États-Unis de mettre en place une administration militaire à Bagdad après une guerre. "Nous ne voulons pas qu'un dirigeant militaire gouverne l'Irak, qu'il s'agisse d'un dictateur militaire irakien ou d'un dirigeant militaire étranger" a lancé Massoud Barzani à des sympathisants.

Massoud Barzani et Jalal Talabani ont affirmé que les Kurdes irakiens étaient unis et soutenaient l'instauration d'un gouvernement fédéral démocratique à Bagdad. Les deux dirigeants ont assuré que la Turquie voisine n'avait rien à craindre d'une participation pleine et entière de la population kurde à la vie irakienne. "Nous garantissons que notre région ne servira pas de base aux ennemis de la Turquie pour agir contre elle" a promis Jalal Talabani.

23/11/2002 - Peine de mort commuée pour 180 personnes

Cent quatre-vingt militants indépendantistes kurdes et fondamentalistes islamistes ont vu leur peine de mort commuée en prison à vie, conformément aux nouvelles lois d'harmonisation avec les critères européens.

Quatre Cours de sûreté de l'Etat de Diyarbakir ont ainsi entériné l'abolition par le Parlement, l'été dernier, de la peine capitale en temps de paix.

L'agence de presse semi-officielle turque, Anatolie,  indique que les deux hauts responsables du PKK, Semdin Sakik, commandant militaire, et son frère Arif Sakik, arrêtés en Irak du nord en 1998, font partie des condamnés concernés par cette mesure (source : AFP).

21/11/2002 - RTUK donne l'autorisation pour la diffusion d'émissions en kurde

Le conseil Suprême de la Radio et de la Télévision (RTUK) a autorisé la radio d'état et la société de télévision (TRT) à émettre dans des dialectes différents et dans des langues incluant le kurde, comme le prévoient les lois d'adaptation à l'UE qui ont été adoptées cet été.

Des émissions radiophoniques dans ces langues sont prévues à raison de 45 minutes par jour et quatre heures par semaine, tandis que des émissions de TV sont autorisées à raison de 30 minutes par jour et de deux heures par semaine.

TRT devrait débuter la diffusion d'émissions après la publication de ce règlement au Journal Officiel (source : Turkish Daily News).

21/11/2002 - La justice turque condamne la torture

La Cour suprême a rejeté le verdict d'une cour inférieure qui n'avait pas condamné deux policiers ayant torturé des voleurs pour les faire avouer et qui avaient simplement été accusés de "mauvais traitements". 

La Cour a rappelé que la torture est un crime contre l'humanité et souligné que les forces de sécurité devaient respecter des droits de l'homme. Le jugement a été renvoyé devant un tribunal de Mersin qui devra délivrer un verdict constatant la torture (source : Turkish Daily News).

20/11/2002 - Beaux gestes, à suivre...

Le Premier Ministre a demandé aux gens qui veulent envoyer des fleurs pour féliciter les membres du gouvernement de leur nomination de faire à la place des dons pour l'Aide Sociale et la Solidarité (source : Turkish Daily News).

Les nouveaux parlementaires avaient décidé la semaine dernière de renoncer aux appartements de fonction auxquels leur mandat leur donnait droit. Ceux-ci devraient être mis en vente.

20/11/2002 - Et pendant ce temps...

Osman Öcalan, fidèle à son habitude, a posé (sur Medya-TV, chaîne du PKK/KADEK et non proche du PKK/KADEK) un ultimatum de 6 mois au gouvernement turc pour régler la question kurde.

Les exigences du PKK sont :

- la fin de l'isolement pour Abdullah Öcalan et l'augmentation des heures de visites (délai accordé au gouvernement : 3 mois) ;

- la radiodiffusion en kurde sans restrictions (NDLR : histoire que le PKK puisse diffuser sa propagande dans de bonnes conditions) ;

- le soutien de l'éducation en Kurde sans restriction ;

- l'amnistie pour les guérilleros et les prisonniers politiques.

Il a prévenu que passé un délai de 6 mois, il pèserait des menaces de guerre sur la Turquie et a appelé les femmes et les jeunes principalement à organiser des soulèvements populaires : "La liberté de Notre Direction ne peut pas être limitée. La lutte démocratique doit commencer par la liberté de notre Direction et se développer dans la structure de démocratisation" (sources : Turkish Daily News, Kurdish Observer, OFK).

Questions : quand le PKK/KADEK a-t-il prévu d'appliquer les beaux principes pour lesquels il donne aux autres un ultimatum ? A notre connaissance, ses prisonniers (enfin ceux qui n'ont pas été exécutés) n'ont pas le droit à la parole, à des visites, à une défense ou à une protection quelconque, eux ! Et l'amnistie des dissidents menacés de mort, elle est à l'ordre du jour ?

16/11/2002 - Abdullah Gul chargé de former le gouvernement

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a demandé à Abdullah Gul, un modéré pro-occidental, de former le prochain gouvernement et d'en être le premier des ministres au moins à titre provisoire.

M. Gul a en effet été désigné malgré le fait que c'est Recep Tayyip Erdogan qui est le chef du Parti de la justice et du développement (AKP), la formation qui a remporté les élections du 3 novembre, couramment qualifiée d'"islamiste modérée". M. Erdogan dans l'immédiat ne peut prétendre à aucun poste officiel en raison d'une condamnation pour incitation à la haine religieuse. Un amendement constitutionnel devrait toutefois permettre assez rapidement de remédier à cette anomalie.

M. Gul n'a pas manqué de souligner qu'il ne comptait pas usurper une place de Premier ministre revenant à un autre: "Aujourd'hui, il y a une situation anormale. Il est donc de notre devoir absolu de normaliser cette situation anormale".

"Si nous voulons vraiment faire de la Turquie une candidate à l'Union européenne, alors nous devons élever les critères démocratiques", a ajouté M. Gul. "Bien entendu, les changements légaux liés à cela doivent être effectués prudemment."

Samedi, c'est Recep Erdogan qui a communiqué le plan d'action du prochain gouvernement. Il a annoncé des droits accrus en matière de liberté religieuse et d'expression et la promotion d'un gouvernement plus transparent. Il a souligné que le processus de privatisation devait être accéléré.

"Avec le pouvoir de gouverner seul, notre gouvernement apportera des solutions urgentes aux problèmes qui s'accumulent depuis des années", a ajouté M. Erdogan. "Nous avons dit qu'à 'partir de maintenant, plus rien ne sera pareil en Turquie'; maintenant nous sommes au début de ce processus." (source : AP)

15/11/2002 - Le plan en 9 points exposé par Erdogan en Italie

1. La constitution sera passée en revue, en coopération avec les partis d'opposition et les partis à l'extérieur du Parlement, par rapport au programme national de la Turquie et la Convention européenne de Droits de l'homme.

2. Les libertés d'expression, de religion, de conscience et d'association seront accrues.

3. Les vides dans l'harmonisation et la loi de réforme laissés par la législature précédente seront comblés, en particulier en ce qui concerne les partis politiques et les lois sur les élections.

4. Les décisions de la Cour européenne de Droits de l'homme seront exécutées sans délai.

5. Des mesures "tolérance zéro" seront adoptées à l'égard de la torture.

6. Les ajustements nécessaires seront faits pour faciliter l'activité d'associations Turques à l'étranger et d'associations étrangères en Turquie.

7. Les problèmes rencontrés par les associations étrangères dans la création de branches en Turquie et par les fondations religieuses essayant d'acquérir la propriété immobilière en Turquie seront réduits.

8. Un comité d'unification pour l'UE sera créé au Parlement.

9. La priorité sera donnée à la ratification des accords internationaux qui n'ont pas encore été signés ou ratifiés (sources : Turkish Daily News/Rome - The Associated Press)

13/11/2002 - Erdogan : tournée européenne

Venu plaider en faveur de l'adhésion de son pays à l'Union européenne, le chef du parti islamiste sorti vainqueur des élections en Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a profité de sa visite en Italie, première étape de sa tournée européenne, pour présenter un vaste plan de réformes prévoyant un accroissement des libertés d'expression.

Le chef du parti de la Justice et du Développement (AKP) a par ailleurs rappelé que la Turquie espérait se voir accorder une date pour l'ouverture de négociations d'adhésion lors du prochain sommet européen de Copenhague, les 12 et 13 décembre.

"Le succès de la Turquie dans cette épreuve constituera un grand exemple pour les autres pays musulmans et prouvera au monde que l'islam et la démocratie peuvent coexister", a souligné M. Erdogan devant la presse après s'être entretenu avec le président du Conseil italien Silvio Berlusconi.

Celui-ci a réaffirmé son soutien aux efforts consentis par la Turquie pour se joindre à l'UE. "Nous sommes les champions de la volonté turque d'intégrer l'Union européenne", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse séparée. "La position de l'Italie est très claire: la Turquie va bientôt réussir en approuvant les réformes."

"Nous sommes déterminés à prendre toutes mesures nécessaires pour obtenir que la Turquie devienne un membre de l'Union européenne", a encore souligné le leader de l'AKP, venu à Rome en tant que tel, un nouveau gouvernement n'ayant pas encore été formé à Ankara. Pour appuyer ses dires, il a présenté un plan en neuf points prônant un "accroissement des libertés d'expression, de religion, d'association, de conscience et du rôle de la société civile".

Ce plan préconise également une prise en compte sans délai des arrêts de la Cour européenne des droits de l'Homme et une "tolérance zéro" à l'égard de la torture. Il prévoit par ailleurs une réforme des partis politiques et des lois électorales (source : AP).

13/11/2002 - Débat sur la Constitution turque

Les partisans de l'AKP ont ouvert le débat pour modifier la Constitution, afin de trouver une formule qui permettrait à Erdogan (leader du parti qui a remporté la majorité absolue aux législatives du 3 novembre) d'être nommé Premier ministre, malgré son inéligibilité (source : Turkish Daily News).

12/11/2002 - Indépendance de la Justice

Le ministre de la Justice Aysel Celikel a expliqué lundi que la structure et les méthodes de travail du Conseil Suprême des Procureurs et des Juges présentent quelques défauts : "Un ministre qui a des tendances politiques puissantes peut influencer le Conseil." 

(...) Il a rappelé que depuis l'approbation de la Constitution de 1982, si certains ont dénoncé le fait que l'indépendance du pouvoir judiciaire avait été endommagée, personne n'a proposé des amendements légaux pour corriger le problème. 

"Pendant 20 ans, il n'y a pas eu de proposition d'amendements et ce n'est peut-être pas une coïncidence. Les différents ministres de la Justice issus de partis politiques divers ne se sont pas sincèrement attachés à le faire (…) (source : Turkish Daily News).

12/11/2002 - Turquie/France

Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a assuré que la France jugerait la Turquie "sur ses actes" en vue de son adhésion contestée à l'Union européenne, soulignant toutefois que "l'appartenance à la famille européenne" suppose "la défense des valeurs humanistes".

"Nous voulons encourager la Turquie sur la voie des réformes et beaucoup a été fait par ce pays au cours des derniers mois. Nous entendons aussi juger la Turquie sur ses actes", a-t-il déclaré lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"Nous sommes en effet convaincus que, au-delà du respect des critères d'adhésion, l'appartenance à la famille européenne est à la fois la marque d'une volonté et d'un choix politique", a-t-il dit.

"Cette Europe doit être bâtie sur la tolérance et le dialogue, c'est-à-dire la défense des valeurs humanistes que l'Europe prône depuis plusieurs siècles", a ajouté M. de Villepin. "Ce sont ces valeurs qui doivent nous guider dans un esprit de responsabilité".

Vendredi dernier, le président de la Convention pour l'avenir de l'Europe, Valéry Giscard d'Estaing, avait semé le trouble en s'opposant fermement à l'entrée dans l'UE de la Turquie, dont la candidature a été enregistrée en décembre 1999 lors du sommet d'Helsinki. Cette question sera au coeur du prochain sommet européen de Copenhague, les 12 et 13 décembre prochains (source : AP).

04/11/2002 - Réaction française aux élections en Turquie

Point de presse du porte-parole du quai d'Orsay : Avez-vous une réaction sur le résultat des élections en Turquie et notamment ses conséquences sur la candidature turque à l'Union européenne ?

''Nous avons pris connaissance des résultats des élections du 3 novembre en Turquie, marquées par la victoire du parti AK (Parti de la Justice et du Développement). Ce scrutin traduit la volonté du peuple turc d'un changement politique important.

Nous prenons note des différentes déclarations des responsables de l'AK qui ont été faites au sujet de la candidature turque à l'Union européenne. Nous estimons pour notre part, comme l'a souligné le Président de la République lors de sa conférence de presse du 25 octobre dernier à Bruxelles, que les réformes engagées en Turquie représentent des progrès au regard des critères de Copenhague, et que, si ces critères sont encore loin d'être acquis, le chemin est encourageant.

Compte tenu des délais constitutionnels nécessaires à la formation et l'entrée en fonction du nouveau gouvernement nous attendons à présent sa composition.'' (source : actualités diplomatiques du Ministère des affaires étrangères).

04/11/2002 - Info ou intox ?

Des officiels du DEHAP ont affirmé que des troubles et des intimidations de la part des forces de sécurité ont eu lieu dans la région de Sirnak. La candidate Tahil Elci assure ainsi que l'on a promis l'eau et l'électricité aux populations si elles ne votaient pas DEHAP. Il semble que les élections ne s'y soient pas tenues de façon secrète, et qu'à Sirnak la population ait eu peur de représailles si elle votait DEHAP.

Norma Paech, participant à une délégation allemande venue observer le déroulement des élections dans une autre région, dit lui ne pas avoir assisté à des irrégularités lors du scrutin (sources : Reuters/Turkish Daily News).

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Communiqué de Presse du CIK Paris(1) du 03/11/2002

A une heure de la fermeture des bureaux de vote au Kurdistan, on dénombre des centaines d’infractions qui démontrent une fraude électorale généralisée dans le Sud-Est de la Turquie.

L’attitude anti-démocratique des autorités turques et des forces para-militaires se traduit par des violations essentiellement dans 4 domaines dans tous les bureaux de vote sous contrôle de la police, de la gendarmerie ou des protecteurs de village :

- Pratique du vote à bulletin ouvert : la population est poussée à voter pour les partis désignés par les autorités.

- La présence des observateurs étrangers et des délégués représentants le DEHAP au sein de la commission électorale est empêchée.

- Les électeurs susceptibles de voter pour le DEHAP sont ouvertement menacés.

- On remarque également que les listes électorales sont truquées : ajout de noms inexistants, présence de personnes décédées sur les listes…

Par ailleurs, on signale la présence de fautes d’orthographe volontaires sur les cartes électorales, qui sont donc invalides.

Partout en Turquie, et en particulier dans le Sud Est, des tricheries de toutes sortes ont donc eu lieu et tous ceux qui ont cherché à s’y opposer ou bien à les dévoiler à l’opinion publique ont été victimes de violence de la part des forces de l’ordre, des para-militaires et des partisans du MHP (le Parti Ultra-nationaliste turc). Parmi les victimes, on dénombre plusieurs membres de la délégation française se trouvant à Igdir et le candidat DEHAP d’Igdir, M. Nuri GUNES, qui a été gravement blessé par les partisans du MHP malgré la présence policière. Une délégation italienne est quant à elle à l’heure actuelle en garde à vue dans un Hôtel de Bingol.

Enfin le DEHAP, qui se présente pour la première fois aux législatives et que les différentes enquêtes situent aux alentours de 14 %, ne pourra pas être présent lors du dépouillement des urnes. Par conséquent, vue l’attitude observée durant cette journée électorale, en particulier dans les zones rurales, nous pouvons dores et déjà dire que ce scrutin est truqué et qu’il est totalement contraire à l’étique démocratique.

(1) PKK/KADEK

04/11/2002 - AKP - Erdogan

Le leader du parti islamiste modéré de la Justice et du Développement, Recep Tayyip Erdogan, a adopté, dès l'annonce de la victoire de son parti dimanche aux élections turques, un discours très prudent, envoyant des messages rassurants à l'Europe et à la société laïque turque.

Pour ce qui est de son programme politique - ou plutôt celui de son parti, M. Erdogan ne pouvant être Premier ministre du fait de son inéligibilité-, les observateurs et notamment les analystes économiques soulignent l'effet positif et rassurant de ses premières déclarations.

"Sur les questions clef, il s'est montré très modéré, jusqu'à vouloir travailler avec le parti républicain du Peuple (CHP, seul parti d'opposition) pour renforcer les relations avec l'Union Européenne", constate Sengul Dagdeviren-Ornek, économiste à la Oyakbank, alors que l'index de la bourse d'Istanbul a grimpé de 7,2% en première séance.

M. Erdogan, dont le rôle futur reste à définir du fait de l'interdiction politique qui pèse sur lui depuis sa condamnation pour "incitation à la haine religieuse", a donné à l'opinion publique et internationale six "garanties", affirme pour sa part le quotidien Hürriyet, plutôt proche des nationalistes.

"Nous allons accélérer la candidature de la Turquie à l'intégration européenne", a notamment promis M. Erdogan, annonçant une tournée des capitales européennes pour rappeler l'engagement pro-européen de son pays et obtenir "le meilleur résultat possible au sommet de Copenhague" sur l'élargissement de l'Union européenne. "Nous renforcerons l'intégration économique de la Turquie avec le reste du monde", a-t-il également promis, se disant déterminé à "appliquer le programme économique avec le Fonds monétaire international" qu'il pensait, à une époque, pouvoir "rediscuter".

"Nous n'interviendrons pas dans le mode de vie des citoyens", a-t-il encore précisé à l'égard de ceux qui pensent qu'il est prêt à introduire la Charia, la loi coranique. Et il a pris soin de désamorcer un sujet explosif ces dernières années, pour lequel il pourrait toutefois avoir à rendre des compte à son électorat. Alors que la "bataille du foulard" islamiste dans les universités et les administrations a été un des thèmes de campagne, il a affirmé que cette question "n'était pas une priorité" pour lui.

Le leader de l'AK a également eu un mot apaisant en direction des militaires: "Nous ne créerons pas de tensions en Turquie, il n'y aura pas de répétition du problème du 28 février", a-t-il dit en allusion aux événements de 1997 lorsque l'armée avait acculé le Premier ministre de l'époque, l'islamiste Necmettin Erbakan, à la démission.

A ceux qui craignent que l'AK exerce un pouvoir peu démocratique, il a également offert une modification de la Constitution pour changer le système électoral. Aujourd'hui, 45 % des électeurs ne sont pas représentés au Parlement, en raison de l'élimination des partis n'ayant pas obtenu 10 % des suffrages. Ce problème fera partie d'une réforme de la Constitution où "il y a beaucoup de choses à changer", a-t-il avancé (source : AFP).

04/11/2002 - Résultats des élections législatives en Turquie

Résultats des élections législatives, après le dépouillement de la totalité des bulletins, selon l'agence semi-officielle Anatolia :

- Parti de la Justice et du Développement (AKP, islamique) : 34,2%

- Parti Républicain du Peuple (CHP, gauche laïque) : 19,4%

Quatorze autres partis obtiennent moins des 10% de voix nécessaires pour obtenir un siège à la Grande Assemblée nationale.

Répartition des sièges:

AKP : 363

CHP : 178

Indépendants : 9 (source : AP).

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