Dépêches

 29/09/2002 - Démocratie made in KADEK

Osman Öcalan a prévenu l'Etat turc que ce n'est pas le fait qu'Abdullah Öcalan soit emprisonné qui contraindra le KADEK à garder le silence : "La guerre sera le premier rendez-vous sur l'agenda de ceux qui agitent la Turquie pour obtenir le pouvoir (...) Les officiels turcs doivent voir que les intérêts de la Turquie résident dans la démocratisation(1)..." (source : Kurdish Observer).

(1) Trad. politisation du PKK/KADEK

26/09/2002 - Trois morts dans un affrontement entre villageois et gardiens de village

Trois villageois kurdes ont été tués dans un affrontement armé avec des milices pro-gouvernementales qui voulaient les empêcher de réintégrer leur maison dans le sud-est de la Turquie, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Les trois victimes faisaient partie d'une famille d'une quinzaine de membres qui souhaitaient revenir dans leur village de Ugrak, à 25 kilomètres de Bismil, abandonné et contrôlé par quatre gardiens de village, ont indiqué ces sources.

Les gardiens de village, rémunérés par l'état turc depuis plus d'une décennie pour prévenir l'infiltration de la rébellion séparatiste kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont ouvert le feu au fusil d'assaut AK47 (Kalachnikov), tuant un enfant de 7 ans, un adolescent de 16 ans et une femme de 45 ans, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Six autres personnes ont été blessées et les gardiens de village ont déserté les lieux, selon les informations délivrées par les forces de sécurité de la région.

Un grand nombre de villages du Sud-Est anatolien ont été évacués de force dans la première moitié des années 90, soit pour punir les villageois qui coopéraient bon gré mal gré avec les rebelles, soit pour empêcher ces derniers de s'approvisionner.

Après l'arrêt des affrontements en 1999, l'Etat turc a lancé en 2000 un ambitieux projet du "retour aux villages" pour décongestionner les grandes villes où les villageois avaient été forcés d'émigrer et repeupler les zones dévastées par la rébellion.

Mais les moyens de la Turquie, qui traverse la pire récession de son histoire, sont limités (source : AFP).

26/09/2002 - YSK : non à la liberté d'expression !

La Commission Suprême des Elections (YSK) a confirmé sa décision d'interdire d'élections plusieurs candidats, dont Murat Bozlak et Akin Birdal, condamnés antérieurement au titre de l'article 312 du Code Pénal qui ne peut pourtant plus être invoqué, et malgré les nombreuses protestations que ce verdict soulève en Turquie (source : Turkish Daily News).

Les ex-prisonniers de droit commun, eux, peuvent se présenter aux élections...

24/09/2002 - Pas d'accord !

Les avocats de Murat Bozlak et d'Akin Birdal ont demandé à la Commission Suprême des Élections de Turquie (YSK) de revenir sur la décision de leur interdire de se présenter aux prochaines élections. 

Murat Bozlak avait été condamné à  1 an de prison en décembre 1998, mais cette condamnation ne peut plus être invoquée après l'amendement de la loi n° 3713 du 06.02.2002.

L'avocat d'Akin Birdal a insisté sur le fait que les condamnations au titre de l'article 312 du Code Pénal (propagande séparatiste) n'avaient également plus lieu d'être prises en compte (source : Kurdish Observer).

24/09/2002 - Tous les prétextes sont bons...

Le Conseil Présidentiel du PKK/KADEK a publié une directive interne datée du 1er août 2002 dont le thème unique est une accusation contre Necdet Buldan, ancien Maire de Yüksekova au Kurdistan de Turquie, et son neveu ex-combattant du PKK/KADEK.

Selon ce texte dont l'intégralité a été publiée sur le site Nasname, Necdet Buldan qui est réfugié politique en Allemagne car condamné à de lourdes peines de prison en Turquie pour avoir milité en faveur de la cause kurde, et dont le frère Savas Buldan fut assassiné à Istanbul en 1995, est un espion travaillant pour le compte des Allemands. Son neveu qui est détenu par le PKK depuis début 1999, parce qu'il s'est opposé avec d'autres à la nouvelle ligne politique d'Öcalan, est accusé lui aussi d'être un agent des Allemands.

Dans un communiqué que Necdet Buldan publie au nom de l'ensemble des membres de sa famille, il rejette toutes ces accusations et avertit le PKK/KADEK contre toute exécution ou annonce de décès quelqu'en soit la cause (...).

Enfin, il invite toutes les organisations humanitaires et démocratiques à agir pour que son neveu soit sauvé d'une mort certaine, étant donné les accusations dont il fait objet (source : Emre Forum actualité. Egalement sur le sujet : l'éditorial d'août 2000 et l'Initiative des Démocrates Kurdes en Europe).

22/09/2002 - Élections : le Sud-Est privé de ses leaders

La Commission Suprême des Élections en Turquie (YSK) a prononcé le 20 septembre contre quatre candidats une interdiction de se présenter aux prochaines élections du 3 novembre, ceci malgré les récentes réformes votées par le Parlement turc en août dernier pour mettre la législation du pays en conformité avec les critères de Copenhague.

muratb1.jpg (19270 octets)Parmi eux, Murat Bozlak, Président du HADEP, qui se présentait en tête de liste à Diyarbakir et Akin Birdal, Président du SDP et ancien Président de l'Association turque des droits de l'homme, qui se présentait en tête de liste à Mersin. Akin Birdal s'est toujours battu pour promouvoir la paix dans les régions kurdes, ce qui lui a valu de subir une tentative d'assassinat en 1998, dont il n'a réchappé que par miracle et grièvement blessé après avoir reçu plusieurs balles. Murat Bozlak a également été pris pour cible dans le passé.

Akin Birdal et Murat Bozlak sont pourtant connus en Turquie pour leurs discours pacifistes et leurs prises de position en faveur de la paix, de la réconciliation des Kurdes et des Turcs, de la démocratie et des droits de l'homme.

Ces interdictions interviennent alors que la Cour Constitutionnelle doit se prononcer sur une éventuelle fermeture du HADEP, et que la Turquie qui aspire à rejoindre l'Union Européenne attend de cette dernière qu'elle fixe rapidement une date pour l'ouverture de ses négociations d'adhésion. L'épée de Damoclès qui met en danger depuis 1999 l'existence légale de ce parti, majoritaire dans le Sud-Est principalement peuplé de Kurdes, n'est pas de nature à assurer le jeu démocratique et cette situation est d'autant plus préjudiciable qu'elle fait celui du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan récemment rebaptisé KADEK) qui manœuvre en permanence pour tenter d'obtenir l'adhésion de la population d'origine kurde.

Dans ce contexte, il n'est pas inutile de rappeler en effet que cela fait des mois que le PKK/KADEK ne ménage pas ses efforts pour tenter d'obtenir la fermeture du HADEP, dont il a toujours considéré le chef de file comme un obstacle. Il n'hésite d'ailleurs pas, pour convaincre les associations et instances européennes de sa propre "légitimité", à présenter certains de ses militants comme des représentants officiels du HADEP, ce qui lui permet de diffuser largement sa propagande, malgré son inscription sur la liste de l'Union Européenne des organisations terroristes.

La mise à l'écart du HADEP et principalement de son président, respecté et reconnu dans le Sud-Est pour son action en faveur de la paix, ouvre la voie aux mouvements extrémistes, et entrave l'action d'une classe politique kurde modérée. En effet, réduire au silence des hommes politiques pacifistes et leaders dans la région, c'est s'exposer à creuser encore le fossé avec le reste du pays, en l'absence de représentants reconnus, libres d'assurer leurs mandats et donc capables au besoin de canaliser une situation difficile à contrôler. Après 15 ans de guerre, les régions kurdes sont dans une impasse économique alarmante, avec une agriculture en sérieuse difficulté et une industrialisation indigente. La population, qui comprend des millions de réfugiés déracinés et démunis, doit être assistée de toute urgence si l'on ne veut pas encourir des désordres politiques et sociaux graves.

En interdisant l'élection de représentants légitimes qui bénéficient de la confiance des électeurs à un moment où la situation sur place devient de plus en plus préoccupante, la Turquie se prive d'un précieux soutien, d'autant que le PKK/KADEK réarme actuellement ses troupes dans la guérilla qu'il cherche à réactiver notamment en Turquie, Irak, Iran et Syrie.

Le recul démocratique dont vient de faire preuve la Turquie ne plaide pas en sa faveur avant la réunion du Conseil Européen de Bruxelles, prévue fin octobre, et qui doit débattre de la question de l'élargissement en décidant notamment quels pays-candidats pourront conclure leurs négociations d'adhésion à la fin de l'année.

Il serait donc souhaitable pour la stabilité politique de la Turquie qu'elle revienne sans délai sur cette interdiction qui vient contredire les récentes réformes juridiques votées par le Parlement. Il est temps également de suspendre toute menace concernant la fermeture du HADEP, afin que ce parti puisse soutenir efficacement les Kurdes de Turquie dans leur intégration culturelle, politique et économique au reste du pays. Il est enfin urgent que la Turquie prouve sa réelle volonté de démocratisation sur le terrain et non plus uniquement dans des déclarations de bonnes intentions sans effet.

21/09/2002  - Eh le PKK, ce n'est TOUJOURS PAS la bonne parade !!!

En riposte au fait que nous ayons dévoilé sur ce site que le PKK se faisait passer pour le HADEP, celui-ci ne trouve rien de mieux que de nous faire parvenir des communiqués en provenance du "HADEP d'Allemagne" pour tenter de nous convaincre.  A notre connaissance, il n'y a aucune représentation européenne du HADEP et ce n'est pas le fait que ce soit signé Faïk (que le PKK nous envoie pour la nième fois alors que lui-même nous a avoué qu'il était obligé de participer à la magouille) qui va plus nous convaincre ! 

Quant à "l'égérie" de Turquie mentionnée à tout va pour preuve de la "bonne foi du parti", on ne voudrait contrarier personne, mais il n'est pas HADEP : on peut même en apporter la preuve si le PKK insiste un peu trop... et pas juste en privé : sur le Web, Neuneu s'étant laissé gentiment filmer .

18/09/2002 - Message perso - Rectificatif (bis)

L'exposition photographique de Roxane qui aura lieu à l'Institut Kurde de Paris le 28 septembre est annoncée partout comme étant la mienne ET celle de Roxane.

Je tiens donc à préciser : les photographies qui seront exposées sous le titre "Kurdistan, terre des dieux et des princes" ont été prises par ROXANE toute seule, de façon totalement individuelle (moi je me reposais à l'ombre). Je n'ai donc pas lieu de figurer comme collaboratrice de l'exposition.

Allez on souffle et on reprend : 

Mem et Zin a été traduit en français par Sandrine Alexie ET Akif Hasan, de façon totalement conjointe, et l'exposition de Roxane c'est le travail de Roxane toute seule.

Sandrine Alexie

18/09/2002 - Feu vert à l'enseignement de la langue kurde

Le ministre turc de l'Education a annoncé que le gouvernement avait achevé les aménagements légaux permettant d'inaugurer l'enseignement de la langue kurde. Il a indiqué qu'une circulaire définissant les conditions dans lesquelles pourront être dispensés des cours privés avait été envoyée pour publication au Journal Officiel.

"Ces cours se dérouleront de la même manière que les autres cours. Il n'y a pas de discrimination ni de condition supplémentaire qui les touche", a dit M. Tekin aux journalistes. "Les institutions privées peuvent ouvrir de tels cours à la seule condition qu'ils respectent la réglementation en vigueur et les principes fondamentaux de l'éducation nationale. Espérons que cela profitera à tout un chacun" a-t-il souhaité (source : AFP)

16/09/2002 - Mauvaise pioche !

Le Procureur Général de la Cour de Cassation, Sabih Kanadoglu, a demandé à la Commission Suprême des Elections (YSK) d'interdire à Akin Birdal (ancien président de l'IHD) et à Murat Bozlak (président du HADEP) de se présenter aux élections du 3 novembre prochain (source : Turkish Daily News).

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C'est le PKK, euh le KADEK, qui est très content de ce joli cadeau !

12/09/2002 - Complot in-ter-na-tio-nal contre le KADEK !

Le ministre turc de la justice a révélé qu'une enquête était en cours contre des avocats d'Öcalan qui se serviraient de leurs fonctions pour attribuer à celui-ci leurs propres écrits...(source Kurdish Observer). 

Non ! Ils n'auraient pas osé se servir du Grand Chef quand même ?

07/09/2002 - DEHAP

Dans l'incertitude du sort du HADEP, son président, Murat Bozlak a annoncé que le parti ne se présenterait pas aux prochaines élections prévues le 3 novembre. Il a précisé que les membre du HADEP étaient libres de se retirer et de faire campagne pour le parti de leur choix, celui-ci soutenant le DEHAP (Parti Démocratique du Peuple).

Le DEHAP, créé en 1997 pour  défendre les droits culturels des Kurdes de Turquie, a été rejoint par une vingtaine de membres du HADEP et devrait faire alliance pour les élections avec deux partis de gauche : le EMEP et le SDP.

03/09/2002 - HADEP

La Cour Constitutionnelle turque a décidé de mettre à son agenda de rentrée juridique (5 septembre) le dossier du HADEP. Elle ne s'était pas prononcée sur une éventuelle interdiction au cours de ces deux dernières années, attendant les verdicts des Cours de Sûreté d'Ankara et de Diyarbakir (source : Milliyet/Turkish Daily News).

03/09/2002 - KADEK 

Une source anonyme aurait révélé que le KADEK a créé 4 nouveaux partis pour "organiser les Kurdes habitant en Turquie, Irak, Iran et Syrie et les unifier sur la base de "l'union démocratique du Moyen-orient". L'organisation disposerait de 500 hommes armés dans des régions montagneuses stratégiques en Turquie et serait également implantée en Irak sous le nom de PCDK, plus particulièrement à Erbil et Duhok (source : Turkish Daily News).

02/09/2002 - Opération américaine contre l'Irak début 2003 ?

Les Etats-Unis pourraient intervenir militairement contre l'Irak au début de l'année prochaine, a estimé le dirigeant kurde irakien Jalal Talabani sur la chaîne privée turque NTV.

Le chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) a indiqué que les Etats-Unis "sont de plus en plus enclins" à frapper l'Irak pour renverser le régime du président Saddam Hussein et qu'une telle opération pourrait avoir lieu dans les premiers mois de 2003.

(...) La Turquie, alliée stratégique des Etats-Unis dans la région, est réticente à une intervention militaire américaine contre Bagdad, craignant qu'elle n'aggrave la crise économique qui touche le pays et ne provoque la création d'un Etat kurde indépendant dans le nord de l'Irak frontalier, ce qui pourrait réveiller les aspirations séparatistes de ses propres Kurdes.

M. Talabani a réaffirmé que l'UPK et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, qui contrôlent le nord de l'Irak, n'avaient pas l'intention d'y créér un Etat kurde.

"La Turquie est notre alliée et nous avons besoin de son soutien pour fonder un Irak démocratique, laïque et unifié et ce avec la participation de toutes les ethnies", a ajouté le chef kurde.

Le nouveau chef d'état-major de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, a reconnu samedi que son pays était présent militairement dans le nord de l'Irak, sans donner de détails précis sur cette présence (source : AFP).

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