Dépêches

30/05/2002 - Levée de l'état d'urgence  

Le Conseil national de sécurité a décidé de recommander au Parlement de lever l'état d'urgence (à partir du 30 juillet) dans les provinces de Hakkari et Tunceli (...) et de prolonger "pour la dernière fois" (pour 4 mois) l'état d'urgence dans les provinces de Sirnak et Diyarbakir. 

La réunion du MGK a par ailleurs demandé l'accélération des réformes pour l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE et a appelé les Quinze à fixer avant la fin de l'année une date pour ces négociations (sources AFP).

29/05/2002 - Le patronat turc demande à Ankara d'accélérer le processus d'adhésion à l'UE

La puissante organisation patronale turque TUSIAD a appelé le gouvernement à abolir "dans les plus brefs délais" la peine de mort et à accorder des droits culturels aux Kurdes pour pouvoir ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Union européenne.

"Les partis politiques et le parlement doivent prendre leurs responsabilités dans ce projet vital pour l'avenir du pays et prendre les mesures nécessaires sur la voie de l'intégration".

Elle indique que des réformes pour respecter les critères de Copenhague sur les droits de l'homme, notamment l'abolition complète de la peine de mort et un enseignement ainsi qu'une télévision en kurde, doivent le plus rapidement être adoptées.

L'organisation estime que si la Turquie n'entreprend pas ces réformes, les Quinze ne fixeront pas de date pour l'ouverture des négociations d'adhésion, réclamée avec insistance par Ankara. 

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a convoqué un sommet des leaders des partis représentés à l'Assemblée nationale le 7 juin pour accélérer ces réformes (source : AFP).

29/05/2002 - Réforme de l'audiovisuel

La Cour Constitutionnelle a décidé d'entendre le président Ahmet Necdet Sezer et 119 députés qui demandent l'annulation de clauses de la loi très controversée sur la radio et la télévision. Le président s'était très tôt opposé à cette loi qui restreint la liberté de pensée et peut conduire à un monopole dans le secteur des médias, mais le Parlement avait ignoré sa position et avait voté le texte sans y apporter de changement.

Le président a fait appel à la Cour Constitutionnelle qui a déclaré qu'elle statuerait sur sa demande (source : Turkish Daily News).

27/05/2002 - Budget journalier pour Öcalan : 1.800.000 lires...

Le ministre de la justice turc a déclaré que les dépenses journalières pour la détention d'Abdullah Öcalan s'élevaient à 1,800,000 lires. Il a indiqué que ce montant était conforme à ce qui était dépensé pour les autres prisonniers et a souligné qu'Öcalan usait de ses droits fondamentaux de prisonnier, qu'il lisait la presse et des livres, rédigeait des pétitions, recevait des visiteurs et ses avocats, effectuait des promenades, écoutait la radio et était suivi par les services médicaux et psychosociaux (source : Turkish Daily News).

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21/05/2002 - Cours sur les droits de l'homme

Le commandement général des forces de gendarmerie a organisé un séminaire sur les droits de l'homme. Le chef du planning du département de la police de la gendarmerie, le général Ibrahim Acikmese a déclaré que les droits de l'homme étaient sacrés et que les libertés que l'homme avait depuis sa naissance ne pouvaient lui être ôtées. (...) Il a ajouté que les droits de l'homme étaient une priorité. 

Pendant l'hiver 2001-2002,  20 centres ont accueilli des séminaires sur le sujet, et 4 centres ont  organisé des conférences sur ce thème. 17.810 gendarmes auraient bénéficié de ces formations (source : Turkish Daily News).

17/05/2002 - Extraditions

La Turquie recherche actuellement 116 militants du PKK à un niveau international, selon le département d'Interpol de la police turque. Les militants à la tête du PKK, Cemil Bayik, Riza Altun, Halil Atac, Murat Karayilan et Osman Ocalan sont parmi ceux recherchés par Interpol (source : Turkish Daily News).

16/05/2002 - RSF dénonce la révision de la loi sur les médias turcs

Les autorités turques sont parvenues à faire adopter par le Parlement, le 15 mai 2002, une révision de la législation sur les médias qui aggrave encore ses aspects les plus répressifs.

Reporters sans frontières dénonce les dispositions permettant la mainmise renforcée du pouvoir sur le Haut Conseil de l'audiovisuel (RTÜK), la présence de l'armée en son sein, l'aggravation des amendes à l'encontre des médias, la remise en cause de la liberté d'expression sur Internet et la poursuite du mouvement de concentration des médias.

"Ces dispositions vont exactement à l'encontre des engagements pris vis-à-vis de l'Union européenne en matière de liberté d'expression. Nous dénonçons une véritable dérive répressive du régime turc en matière de liberté d'expression", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Première réforme du fonctionnement du RTÜK depuis sa création en avril 1994 (loi 3984), les nouvelles dispositions votées, le 15 mai 2002, aggravent encore les aspects les plus attentatoires à la liberté de l'information de ce dispositif :

- La composition du Conseil se voit modifiée en faveur du pouvoir. Désormais seront notamment représentés en son sein le Conseil National de Sécurité (MGK), présidé par le chef de l'Etat et dans lequel siègent les hauts responsables militaires, le Haut Conseil de l'enseignement (YÖK), contrôlé par l'Etat, le Premier ministre et des membres du gouvernement. La représentation des deux grandes organisations de presse ne contrebalance pas le renforcement évident de la mainmise du pouvoir sur le RTÜK.

- Les nouvelles dispositions élargissent encore les compétences du RTÜK et son rôle de véritable police des médias. Le Conseil de l'audiovisuel voit élargie la palette de sanctions dont il dispose contre les stations de radios et les chaînes de télévision : avertissements, amendes, censure de certaines émissions, et suspension du média. Les amendes prévues dans la loi 5680 relative à la presse ont leur montant multiplié par 1000 en moyenne. Les responsables de médias qui continueraient à émettre malgré l'interdiction du RTÜK seront passibles de six mois à deux ans de prison, et de très fortes amendes. La planification des fréquences est confiée à un autre organe, le Conseil des télécommunications.

- L'espace de liberté que représente Internet pour les journalistes est menacé. Le RTÜK voit son champ d'intervention élargi au contrôle de l'Internet, notamment sur les portails d'information sur le réseau. La diffusion de "fausses informations" et la diffamation sur l'Internet seront désormais passibles de lourdes amendes allant jusqu'à 100 milliards de livres turques (environ 70 000 euros). RSF rappelle que la cour correctionnelle n° 2 d'Istanbul a engagé, en décembre 2001, des poursuites contre le site ideapolitika.com (site de la revue Idea Politika) et ordonné sa fermeture pour "insulte contre les forces armées". Par ailleurs, en février 2002, Coskun Ak, coordinateur d'un forum sur Internet, a été condamné à 5 000 euros d'amende pour "moqueries et insultes envers les institutions de l'Etat" pour n'avoir pas retiré du forum le texte d'un internaute sur les atteintes aux droits de l'homme dans le sud-est du pays.

- Enfin, de l'avis de nombreux observateurs, les dispositions du projet relatives aux règles de propriété des médias risquent d'accentuer la concentration du paysage médiatique en Turquie.

Reporters sans frontières demande à l'Union européenne de signifier aux autorités turques que cette dérive répressive en matière de liberté d'expression met désormais sérieusement en cause le processus de rapprochement avec l'Union européenne.

Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. (source : www.rsf.fr)

14/05/2002 - Droit de réponse

Yedinci Gündem - 7 mai 2002 : "Mem et Zîn a été traduit en français. L'oeuvre célèbre de l'écrivain et penseur kurde Ahmedê Khanî a été traduite en français par la kurdologue française Sandrine Alexie.

Sandrine Alexie a expliqué qu'elle s'intéressait aux Kurdes depuis longtemps, qu'elle se considérait comme kurde et qu'elle a voulu contribuer à la culture kurde, à son niveau, en traduisant l'intégralité de  l'oeuvre d'Ahmedê Khanî en français. Alexie a expliqué qu'elle pense que son travail aidera la société française à comprendre les Kurdes et elle a attiré l'attention sur l'importance pour le peuple kurde que les grandes oeuvres de la littérature kurde soient traduites dans d'autres langues. Le livre de 332 pages a été imprimé par la maison d'éditions L'Harmattan au mois de Mars"(NDLR : octobre 2001 en fait)

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Suite à l'article du 7 mai 2002 paru dans Yedinci Gündem je tiens à préciser :

Mem et Zin a été traduit en français par Sandrine Alexie ET Akif Hasan, de façon totalement conjointe, et je tiens à redire que je ne serais jamais venue à bout de ce travail ardu sans les connaissances linguistiques d'Akif. Je trouve donc déplacé d'occulter ainsi une collaboration fructueuse (et qui est loin d'être terminée) pour des motifs plus  idéologiques que flatteurs (NDLR : Akif Hasan qui a quitté le PKK, non sans risques, est comme les autres dissidents accusé de faire partie du complot international qui n'existe que dans les "esprits" totalitaires du parti).

Il est vrai que je m'intéresse à la civilisation kurde depuis plus de dix ans, mais je ne me considère pas pour autant comme Kurde (pas plus que je ne me considèrerais comme un dinosaure (NDLR : PKK) si j'étudiais l'ère jurassique). Je suis Française et j'effectue un travail de chercheur français, qui a eu à coeur de faire connaître la véritable culture kurde tout en apportant aux francophones la connaissance et l'explication d'une oeuvre majeure. Il faut effectivement que les écrivains kurdes du passé soient portés à la connaissance d'un large public, et que les écrivains kurdes contemporains reçoivent tout le soutien nécessaire pour s'exprimer dans leur langue maternelle, en toute liberté.

Sandrine Alexie

14/05/2002 - L'armée turque bombarde le Dersim sur dénonciation du PKK

L'armée turque a lancé une opération avec appui aérien dans la région montagneuse de Tunceli  pour détruire des caches de rebelles. L'opération se déroule dans la région montagneuse d'Alibogazi, à 55 kilomètres à l'ouest de la ville de Tunceli, a annoncé le bureau du gouverneur de la province dans un communiqué.

Elle a été lancée sur la base de témoignages de militants du PKK capturés selon lesquels "il y a des caches et des cavernes utilisées pour stocker des armes et de la nourriture" à Alibogazi région utilisée comme base par le PKK jusqu'à l'an dernier, selon le communiqué.

La région a été interdite d'accès aux civils par crainte "de la présence de munitions non explosées et de mines plantées par les terroristes", ou qu'ils soient pris pour cible par erreur par l'armée, poursuit le communiqué (source AFP)

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Depuis 1999, tous ceux qui ont osé s’opposer à la nouvelle ligne du PKK sont dénoncés à l'armée turque quand le parti ne peut pas "régler" lui même le problème... C'est beau la solidarité !

13/05/2002 - Ca avance...

Dans le cadre de son rapprochement avec l'Union Européenne, le gouvernement turc débat actuellement de l'abolition de la peine de mort, de la levée de l'état d'urgence, de la possibilité d'émissions de télévision en kurde et de l'autorisation d'enseignement d'autres langues que le turc (source : Turkish Daily News).

10/05/2002 - L'UE met en garde la Turquie contre une fermeture du HADEP

Une délégation de l'Union européenne a prévenu qu'une fermeture du parti de la Démocratie du peuple constituerait un "sérieux revers" pour les relations avec la Turquie, candidate à l'UE.

Le HADEP est menacé de fermeture pour "liens organiques" avec le PKK, récemment inclus par l'UE dans sa liste des organisations terroristes.

La délégation a souligné que les autorités turques n'avaient pas pu fournir de "preuve concrète" d'un lien entre le HADEP et le PKK.

"Notre conclusion est que le HADEP est un parti politique autonome qui défend les intérêts et les droits des Kurdes avec des moyens non violents" (source : AFP).

02/05/2002 - L'UE met le PKK sur la liste des organisations terroristes

Le Parti des travailleurs du Kurdistan a été ajouté à la liste des organisations terroristes de l'Union européenne et ses avoirs seront en conséquence gelés, apprend-on de source diplomatique.

La décision d'inclure le PKK dans la liste constitue une grande victoire pour la Turquie, qui n'a cessé de demander aux Quinze d'agir contre cette organisation qui dispose de puissants relais dans toute l'Europe occidentale.

Pour Osman Ocalan, frère d'Abdullah et membre dirigeant du PKK, la décision des Quinze, qui n'avaient pas voulu franchir le pas en décembre dernier, entraînera de nouveaux affrontements et l'Europe en sera indirectement responsable.

"L'inclusion sur la liste des terroristes sera vue comme une décision de guerre, et nous préparerons la plus forte des résistances sur ce dossier sur la base de la légitime défense" a-t-il déclaré à Medya-TV. "Je souligne que les pays de l'UE seront responsables de cette guerre. Le peuple kurde doit savoir que l'Europe est responsable pour la guerre" a-t-il ajouté (source : Reuters).

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Le PKK qui avait misé sur son changement de nom pour tenter d'échapper à la mesure n'était à l'origine pas contre cette décision qui devrait être suivie par l'abolition de la peine de mort en Turquie, ce qui éviterait la peine capitale à Abdullah Öcalan (Président du KADEK/PKK). Les menaces d'Osman Öcalan ne sont à priori destinées qu'à donner le change, ce qui ne va pas empêcher les bureaux européens de l'organisation de crier au scandale.

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