Dépêches

29/03/2002 - C'est même pas vrai d'abord !

Contrairement à ce qu'il proclamait en février dernier par l'intermédiaire d'Özgür Politika, le PKK vient de démentir qu'il aurait changé de nom. Les informations prétendant le contraire seraient "dénuées de tout fondement". L'organisation n'en étant pas à une bourde près affirme donc haut et fort que son principal organe de propagande en Europe n'est que le triste reflet de sa déroute interne.

Il est vrai qu'en février, le parti était persuadé avoir réussi à décrédibiliser le HADEP et tenait pour acquis "à 90 %" que la Cour Constitutionnelle allait fermer celui-ci, permettant ainsi au PKK de reprendre enfin le contrôle des Kurdes de Turquie en s'alliant avec l'ANAP, le temps de se réorganiser (depuis, les pronostiques sur la fermeture du HADEP se sont inversés et l'ANAP a prudemment fait machine arrière).

Le Conseil de présidence dément également avoir tenu son 8ème Congrès et précise : "De ce fait, aucun changement de nom n'est intervenu et aucune décision n'a été prise". Ces déclarations sont bien évidemment destinées à masquer le marasme dans lequel est plongé le parti, incapable de faire face au délabrement causé par son idéologie digne de l'ère jurassique. En fait, des décisions avaient bien été prises en congrès, notamment l'instauration d'un système en trois étapes, à l'image des feux tricolores. Malheureusement, trois étapes quand on n'est pas habitué à réfléchir, ça fait un peu beaucoup et le congrès a dû s'arrêter au feu rouge, alors que visiblement, il aurait bien besoin de se mettre au vert !

29/03/2002 - Mem et Zîn

La traduction française est disponible à la FNAC des Halles (rayon Littérature du Moyen-Orient).

29/03/2002 - Annulation de la décision de fermeture d'une télévision kurde

Un tribunal d'Ankara a annulé la décision de suspendre pour un an une chaîne de télévision kurde de Diyarbakir, estimant que les chansons en kurde pour lesquelles elle était sanctionnée n'étaient pas de caractère "séparatiste".

Une cour administrative d'Ankara a ainsi accepté un recours déposé par la chaîne locale Gun-TV, estimant que la traduction en turc des chansons incriminées faite par la sécurité de Diyarbakir comportait des erreurs.

La Cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de suspendre Gun-TV comme l'avait décidé le mois dernier le Haut Conseil de l'audiovisuel turc (source : AFP).

26/03/2002 - Newroz

Le Newroz à Diyarbakir a été autorisé pour la 3e année consécutive, malgré l'état d'urgence sous lequel est toujours placée la province. Des milliers de personnes se sont rendues à la manifestation organisée par le HADEP pour écouter un concert à l'extérieur de la ville et fêter ensemble le nouvel an kurde. 

Le soleil n'était malheureusement pas au rendez-vous, mais la pluie et la grêle n'ont pas réussi à gâcher cette journée placée sous le signe de la détente et de la paix : Murat Bozlak, président du HADEP, a confirmé que son parti souhaitait la fraternité avec tous les citoyens turcs et Feridun Celik, maire de la ville, s'est déclaré confiant sur l'avenir des revendications kurdes.

Les forces de sécurité étaient présentes en raison de l'importance de la manifestation, mais en nombre comparable à ce qui peut être déployé en Europe pour ce type de rassemblement. Nous n'avons rencontré aucune hostilité à notre égard, malgré le matériel photo pour lequel nous n'avions aucune accréditation. Mieux encore, la police s'est montrée carrément courtoise et serviable, ce qui n'était pas encore évident au cours de précédents voyages où la présence d'Européens n'était pas franchement souhaitée.

Seules ombres au tableau du Newroz 2002, à part la météo : 

- les éternelles délégations européennes pilotées par le PKK qui à Van ont provoqué (vainement) les autorités (source : Hürriyet) , 

- les interpellations et les 2 morts de Mersin où la célébration du Newroz avait été interdite, mais où le PKK savait pertinemment que la situation allait dégénérer,

- les provocations en Europe par des militants du PKK dans des fêtes organisées par d'autres partis,

- la propagande organisée auprès d'associations européennes pour discréditer le changement d'attitude positif des autorités turques (au moins pour la célébration du Newroz).

Il est tout à fait regrettable qu'au moment où la Cour Constitutionnelle risque d'interdire le HADEP (ce que souhaite le PKK) et où les autorités turques semblent faire preuve de bonne volonté, que le PKK (notamment en Europe) fasse tout son possible pour discréditer le seul parti représentatif qui compte des responsables kurdes régulièrement élus et déterminés, eux, à voir la situation du pays s'améliorer. 

Souhaitons que la Turquie ne soit pas dupe et continue les efforts engagés...   

17/03/2002 - 1er vol direct pour le Kurdistan irakien

Sans visa - Chaque dimanche via Dusseldorf

14/03/2002 - Émissions de télévision en kurde...

Le Premier ministre turc, Bulent Ecevit, a indiqué qu'un projet de son gouvernement sur des émissions en langue kurde (sur la chaîne publique TRT) devrait figurer à l'agenda du prochain Conseil national de sécurité (MGK).

13/03/2002 - État d'urgence 

Le Parlement turc a décidé de reconduire,  à partir du 30 mars, l'état d'urgence en vigueur depuis 15 ans dans les provinces de Tunceli, Diyarbakir, Hakkari et Sirnak.

04/03/2002 - Le gouvernement s'apprête à proposer un projet de loi sur les repentis

Le gouvernement turc a annoncé qu'il préparait un nouveau projet de loi sur les repentis ayant pour but d'encourager les rebelles kurdes à se rendre aux forces de sécurité.

Le gouvernement de coalition du Premier ministre Bulent Ecevit avait fait adopter au Parlement en 1999 une loi similaire, excluant cependant le chef du PKK Abdullah Öcalan, condamné à la peine de mort en juin de la même année pour trahison et séparatisme, et les commandants de son organisation, considérée comme terroriste par Ankara.

Selon la presse turque, le gouvernement projette cette fois d'inclure dans le projet certains responsables du PKK, tout en excluant Öcalan et ses acolytes (source : AFP).

01/03/2002 - Bonne initiative...

L’État-major turc a déclaré qu’un programme de déminage sera lancé à la frontière syro-turque pour un montant de 35 millions de dollars sur une période de cinq ans. La frontière de 877 km, comprenant les villes kurdes de Mardin, Urfa, Antep, Kilis, et Hatay, sera ainsi déminée selon l’armée turque qui a déjà reçu un budget de 12 millions d'euros à cette fin.

01/03/2002 - le HADEP devant la Cour Constitutionnelle

Murat Bozlak a défendu son parti menacé de fermeture devant la Cour Constitutionnelle turque qui accuse le HADEP de liens avec le PKK.

"La procédure contre nous a été engagée dans une atmosphère de conflit, il y a trois ans, et elle est dénuée de fondement juridique" a-t-il estimé devant la presse au terme de l'audience, cité par l'agence Anatolie.

Souhaitons que le Parlement Européen qui soutient le HADEP soit entendu par les autorités turques...

Sommaire    Page précédente   Page suivante